Eric Karsenti passionne les scientifiques à Dublin

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13 juillet 2012

Hier matin, Eric Karsenti co-directeur de l’expédition Tara Oceans, a présenté à Dublin devant un parterre de scientifiques venus de toute l’Europe, les premiers résultats de ces deux ans et demi d’expédition autour du monde. Moins de quatre mois après le retour à Lorient, plusieurs publications sont déjà prévues pour les six mois à venir.

A l’issue de cette conférence d’une heure, Eric Karsenti a reçu l’ovation de ses pairs.

Vincent Hilaire : Eric, vous êtes intervenu à de multiples reprises dans le monde entier pour présenter le projet Tara Oceans, aujourd’hui vous venez d’achever ce « talk » devant les scientifiques réunis à l’occasion de l’ESOF ( Le Forum scientifique européen annuel), que vous a inspiré cette nouvelle conférence ?

Eric Karsenti : Cette conférence que j’ai présenté devant à peu près deux cents scientifiques et de nombreux journalistes, restera l’une des premières ou je montre très concrètement des résultats scientifiques très aboutis concernant l’expédition Tara Oceans. La première présentation a eu lieu à l’Ecole Normale à Paris, il y a peu de temps.
Dans l’ensemble, les scientifiques sont stupéfaits, et nombreux sont ceux qui veulent utiliser désormais les mêmes méthodes, avec en particulier le protocole  d’échantillonnage et d’analyse. Un chercheur de Dublin m’a demandé par exemple aujourd’hui s’il pouvait utiliser aussi ces méthodes, il veut multiplier les échanges avec Tara Oceans.

Vincent Hilaire :  Depuis le retour d’expédition à Lorient en mars dernier, qu’est ce que les chercheurs ont fait dans leur laboratoire respectif ?

Eric Karsenti : Partout dans les laboratoires du consortium Tara Oceans, les chercheurs travaillent beaucoup.Tous les coordinateurs scientifiques de Tara Oceans prospectent sur les milliers d’échantillons que nous avons réussis à ramener à terre, et quatre articles sont en cours de rédaction pour des publications prochaines dans des revues de sciences. Nous cherchons à recruter des chercheurs en stage post-doctoral. Nous avons créé aussi un site web scientifique à l’EMBL, le laboratoire où je travaille en Allemagne, et ainsi tous les coordinateurs peuvent partager leurs résultats et l’avancée de leurs travaux.
On a finalisé aussi le financement du « Grand emprunt » attribué il y a quelques mois par l’ancienne équipe du ministère de la recherche.

Vincent Hilaire :  Dans combien de temps seront publiés les quatre premiers articles dont vous venez de parler ?

Eric Karsenti : Entre six mois et un an. Un article concernera des stations méditerranéennes. Un deuxième la biodiversité de trente cinq stations différentes. Un troisième, les gyrus, ces virus géants. Et enfin, le sujet du dernier sera les phages, ces virus de bactéries.

Vincent Hilaire : Et pour analyser tous ces échantillons vous prévoyez toujours dix ans de délai ?

Eric Karsenti : Oui.

Propos recueillis par Vincent Hilaire