Escale napolitaine

© N.Pansiot/Tara Expéditions

14 octobre 2014

Invitée par la Stazione zoologica A. Dohrn et le Consulat de France, la goélette fait escale à Naples pour quelques jours. Et comme à chaque retour à terre, visites et événements rythment les journées de l’équipage. Hier, l’expédition Tara Oceans (2009-2013) était mise à l’honneur lors d’une conférence à la Station Zoologique A. Dohr.

Au même moment, près de 200 scolaires visitaient le bateau. Mme Catherine Colonna, Ambassadeur de France en Italie, a également fait l’honneur de sa visite. Cette journée marathon s’est finalement clôturée par la projection du film « Tara Oceans, Voyage aux sources de la vie » au Consulat de France, destiné à être projeté sous-titré dans des écoles italiennes. 

Daniele Iudicone, chercheur à la Station A. Dohrn et un des coordinateurs scientifiques de Tara Oceans, revient sur l’importance de cette escale.

La présence de la goélette à Naples est ponctuée d’événements marquants, comme la conférence qui a eu lieu hier à la Station Zoologique A. Dohrn.

Cette matinée était organisée dans le cadre de la présidence italienne de la Communauté Européenne. L’objectif était d’allier science et politique, en plaidant la cause de la recherche océanographique et de la protection des océans et en mettant en avant les recherches menées sur Tara Oceans auprès des représentants politiques. Cette journée a fait partie d’une succession d’événements importants qui doivent contribuer à rendre notre travail scientifique plus visible auprès de l’Union Européenne. Le Sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’environnement était présent et le Ministre de l’environnement lui-même nous a fait parvenir un message et son conseiller scientifique était présent.

Bien sûr, nous espérons des retombées positives, soit en terme de financements pour poursuivre nos recherches avec Tara, soit en terme de sensibilisation politique en vue de la Conférence Climat (COP21) qui se tiendra à Paris en décembre 2015.

Tara a fait escale à Naples à votre invitation, pour quelles raisons la venue de la goélette était-elle importante ?

D’abord, pour marquer la collaboration établie entre Tara et la Stazione Zoologica A. Dohrn. Nous avons souhaité lancer un grand un programme de sensibilisation et la présence de la goélette était nécessaire pour cristalliser le message et marquer les esprits. Cette campagne éducative est soutenue financièrement par la Stazione Zoologica et pendant 10 jours avant l’arrivée de Tara à Naples, l’Institut a accueilli des scolaires et organisé des conférences. Plus de 500 enfants y ont assisté et ont eu l’occasion d’observer la diversité planctonique à l’aide d’un microscope relié à un projecteur. Nous avons aussi mis en place des concours de dessins sur la problématique de la pollution plastique. Un grand événement final est prévu le 31 octobre avec 800 étudiants.

Nous avons reçu l’aide du Forum Universel des Cultures UNESCO, pour mettre en place cette initiative. Après avoir été sélectionnés, nous avons obtenu un financement pour réaliser un documentaire dédié à l’escale de Tara et à nos recherches. Il sera lui aussi diffusé le 31 octobre.

Enfin, nous avons débuté une coopération avec la Citta della Scienza, une institution napolitaine dont la mission est de vulgariser la science. Et nous allons développer des modules éducatifs sur Tara spécialement pour l’Italie, sur le modèle de ce qui est fait par votre bureau parisien, mais adapté à la recherche réalisée au sein de l’Institut.

Les enfants se sont-ils montrés sensibles à cette campagne éducative ?

Les enfants du primaire se sont montrés vraiment réceptifs à notre message, mais il était plus difficile de capter l’attention des adolescents. Ce type d’événement est important, car selon moi, les étudiants ne sont pas attirés par la recherche, ils ne sont pas nombreux à s’inscrire à la faculté des sciences. En Italie, le travail de chercheur n’est pas suffisamment mis en valeur et les médias ne transmettent pas un message positif sur les scientifiques. Les chercheurs sont souvent décrits comme des savants fous qui dédient leur vie à leur laboratoire.

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

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