Et Tara retrouve son élément…

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15 juillet 2009

Et Tara retrouve son élément…

Après 4 mois à terre, les 120 tonnes de Tara ont été soulevées mardi dernier par le roue-lève de la zone technique de Keroman pour parcourir les derniers mètres le séparant de la darse de mise à l’eau. Ces manœuvres, après un long arrêt technique, sont toujours des moments de forte émotion mais aussi de tension autant pour l’équipage que pour les équipes de métalliers qui ont travaillé sur la coque.

Et pour cause, malgré les ressuages réalisés après chaque soudure sur les œuvres vives, le risque de fuite n’est pas nul. Pour cette raison, le bateau reste dans les sangles un certain moment pendant qu’une inspection méticuleuse des fonds est réalisée d’un bout à l’autre du navire.
L’an passé, une soudure mal réalisée nous avait obligé à remonter sur l’aire de carénage afin de réparer. Mais cette fois-ci, après quelques heures sous les sangles, les regards réjouis de Laurent Riou, chef de travaux de l’entreprise Timolor ainsi que Jackie, Sam et Bruno, soudeurs passionnés, en disent long. Et malgré la difficulté de réalisation de certaines soudures il n’y a pas de fuite.

A bord, quelle satisfaction, après le temps passé dans la poussière et le bruit, de revoir le bateau flotter. A notre grande joie, nous prenons nos repas et dormons de nouveau à bord Une page se tourne, l’objectif premier devenant à présent les essais en mer qui débuteront dans quelques jours. Tara va reprendre la mer mais il reste encore de nombreuses choses à finaliser. Par exemple, la remise en eau des circuits de refroidissement nécessite de trouver les bons réglages.

Ainsi, notre premier « voyage »  se résume à un premier accostage à quelques mètres de la darse de mise à l’eau, afin de terminer la remise en route des moteurs principaux ainsi que des groupes électrogènes. Et c’est avec l’aide du zodiac du vieux gréement Fleur de Lampaul, basé à Lorient, ainsi que de celui de la capitainerie de la Base de Sous Marins, que la coque grise est poussée doucement vers le quai où les amarres sont posées.

 Maintenant donc, la priorité est d’armer le navire pour faire les premiers essais et de  valider les travaux réalisés avec les scientifiques. Dans une semaine les premiers appareillages scientifiques en provenance du laboratoire européen EMBL vont être installés, ainsi que le congélateur – 80°C, chargé de conserver les échantillons qui serviront à la banque de données.

Les voiles, telles des ailes blanches, sont à présent à poste et les moteurs sont également opérationnels. A bord, l’équipage au grand complet travaille plus que jamais d’arrache pied pour répondre aux impératifs de la partie finale des préparatifs avant le départ prévu le 4 septembre prochain…

Hervé Bourmaud, capitaine de Tara