Fin de mission – Cap sur Stockholm

© N.Pansiot/Tara Expéditions

17 août 2015

Après 3 jours de traversée, entre le fjord de Sofia Sund au Groenland et la côte est de l’Islande, Tara était à quai pour quelques heures à Vopnafiordür.

« Nous sommes sortis de la banquise en 18 heures, une navigation intense, de longues heures de slalom. » précise le capitaine, Martin Hertau. Une traversée réalisée en sécurité à travers les glaces, qui a permis à la goélette de se frayer une voie vers le sud pour poursuivre sa route vers sa prochaine destination : la Suède. « Quand on regarde les cartes aujourd’hui, on voit que le chenal s’est déjà refermé. Nous avons ensuite eu 3 jours de navigation au près serré… Une navigation un peu mouvementée pour certains. »

N’ayons pas peur des mots, celle-ci s’est avérée houleuse. Durant 3 jours, les Taranautes ont déserté le carré pour lutter dans leurs cabines contre une souffrance insidieuse : le mal de mer. Bloqués dans un espace-temps incertain, les corps se sont repliés sur eux-mêmes, les esprits ont divagué dans un tunnel de sommeil sans fin…. Il n’y avait qu’un seule chose à faire : attendre que le mal se dissipe. Ou se réjouir de l’arrivée à quai en Islande…

N.Pansiot/Tara Expéditions

Pour les membres du Groupe de Recherche en Ecologie Arctique (GREA) cette escale marquait la fin de la mission Tara Ecopolaris 2015. Brigitte Sabard et Olivier Gilg ont débarqué, cédant leurs places à bord. Malgré des conditions de glace exceptionnelles pour la saison, Brigitte et Olivier ont avancé dans leurs travaux. Les échantillons prélevés cette année, associés à l’étude des colonies ornithologiques, leur permettront de réaliser un état des lieux environnemental, 11 ans après leur première mission au Groenland avec Tara. Ces prélèvements doivent être livrés en laboratoire pour analyses : les taux de polluants seront minutieusement comparés à ceux de 2004. Côté logistique, la goélette a permis au GREA de déposer près d’une tonne de matériel sur place pour que la science se poursuive lors des 3 prochaines années. Olivier et Brigitte retourneront sillonner les mêmes latitudes, comme ils le font depuis 25 ans.

Après seulement 5h à quai, la goélette a quitté la petite bourgade de Vopnafiordür, laissant dans son sillage et sans regret, l’odeur entêtante de l’usine de traitement de poissons. La goélette avance à présent à bonne allure en direction de Stockholm, où elle est attendue dans un peu plus d’une semaine. Prochaine escale sur la route de Paris Climat 2015, cette première rencontre avec les habitants de Stockholm sera l’occasion pour Tara Expéditions de partager son regard sur les perspectives de développement durable des océans. Poursuivant son rôle de Sentinelle, la goélette partagera les découvertes et derniers résultats de Tara Oceans et arborera fièrement le pavillon de la Plateforme Océan et Climat, avant d’inviter tout à chacun à soutenir l’Appel de l’Océan pour le Climat en vue des prochaines discussions climatiques. Objectif : récolter le plus grand nombre de soutiens pour faire entendre la voix de l’Océan à Paris en décembre prochain et ainsi rappeler aux décideurs qu’un océan en bonne santé équivaut à un climat protégé.

Noëlie Pansiot

 

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