Forêts ou océans, une seule et même passion : la nature.

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13 avril 2011

Forêts ou océans, une seule et même passion : la nature.

En plein Pacifique Sud, Stéphane Pesant, chef de mission de l’étape Ile de Pâques/Guayaquil, vient de fêter ses 42 ans. Né le 9 avril 1969 à Saint Eustache, au Nord de Montréal, ce chercheur québécois ne compte plus les années passées à observer la nature et à ramasser les « petites bêtes ».

Dès sa plus tendre enfance, Stéphane passe tous ses week-end ou plutôt ses « fins de semaine » à marcher en forêt en famille. Au cours de ses sorties nature, beaucoup de choses atterrissent dans la sacoche du garçon : champignons, insectes, ossements et animaux… Tous finiront dans son terrarium ou sur les murs de sa chambre. « A l’âge de huit ans, ma chambre était une véritable forêt. Il y avait un mur recouvert d’une tapisserie représentant une forêt et une rivière où j’accrochais tout ce que j’avais ramassé en randonnée. » A onze ans, l’apprenti naturaliste rejoint le club 4-H du Québec, une association de jeunes passionnés de nature.

A seize ans, lors de ses grandes vacances en famille, il découvre le monde marin de la côte Nord du Québec. Les baleines de Tadoussac, les fous de Bassan de l’île Bonne Aventure, séduisent le jeune homme. Sa décision est prise, il étudiera la biologie marine!

Pendant trois ans, Stéphane fréquente les salles de cours de la prestigieuse université de Mac Gill. L’été pour se distraire, il encadre des séjours sciences et des classes nature au Centre Ecologique de Port Saumon, une réserve mondiale de la biosphère de l’UNESCO. Il y fera la rencontre des pionniers de l’écologie au Québec et de figures marquantes telles que Frédéric Bach.

Après McGill, Stéphane poursuit des études supérieures en biologie marine à l’Université Laval à Québec. En 1993, dans le cadre de ses recherches sur le phytoplancton, il embarque trois mois sur le « Polarstern », un brise glace allemand. « Le départ s’est fait de Brême, c’était la première fois que je mettais les pieds en Europe. Je ne me doutais pas à l’époque que je retournerais un jour vivre dans cette ville magnifique. » A bord du navire d’expédition polaire, parmi les soixante chercheurs internationaux embarqués, le jeune québécois coordonne l’équipe responsable d’étudier le phytoplancton. Le responsable de cette mission avait sans doute déjà décelé à l’époque, les prédispositions du jeune chercheur à assurer ce genre de fonctions.

A partir des données et des échantillons prélevés à bord du « Polarstern », le biologiste poursuit des recherches doctorales sur « Le devenir du phytoplancton dans les écosystèmes marins arctiques ».

Une fois sa thèse obtenue, Stéphane est engagé au ministère de Pêches et Océans Canada comme conseiller scientifique pour la mise en œuvre des politiques du nouveau programme de santé des écosystèmes marins. « Ces deux ans au sein du gouvernement ont été très formatrices, mais ce n’est pas exactement ce que je voulais faire. » En 2001, il postule donc pour effectuer un post doctorat en Australie et décroche une bourse. Accompagné de sa petite famille, le québécois quitte sa terre natale pour la ville de Perth, dans l’ouest australien. Ici, les étendues désertiques ont remplacé les forêts enneigées. Mais quelque soit le paysage, rien n’arrête le collectionneur naturaliste. « Quand on partait en vacances en Australie, le coffre de la voiture était plein de boites dans lesquelles nous ramassions des plantes, des insectes… on a même récupéré le squelette d’un kangourou.»

Après quatre années dans l’ouest australien, le chercheur s’installe à Villefranche-sur-mer où il seconde le directeur scientifique d’EUR-OCEANS, un réseau d’excellence européen sur les études des écosystèmes océaniques. Sa mission : favoriser les interactions entre les chercheurs des diverses disciplines. Le laboratoire de Villefranche-sur-mer, la mutualisation des connaissances interdisciplinaires, le pas est vite franchi pour rejoindre le projet « Tara Oceans ».

Aujourd’hui Stéphane Pesant travaille comme chercheur à Brême au sein de l’équipe PANGAEA, qui vise à intégrer l’ensemble des données scientifiques sur les écosystèmes marins. Parallèlement, il effectue des missions en mer en tant que chef scientifique sur Tara et contribue à l’analyse des données prélevées à bord. Quelque soit le programme, quelque soit le pays, l’esprit de mutualisation des connaissances né au Clubs 4-H du Québec, ne semble jamais avoir quitté ce passionné de nature.

Anna Deniaud