Il y a un an …

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23 février 2009

Il y a un an …

A quelques milles, derrière un rideau de  brume, se dissimule  la côte escarpée de l’ile de Groix. Le temps est calme et la mer d’huile reflète l’image de l’étrave de Tara. Nous parcourons les quelques milles qui nous séparent des premières bouées du chenal de Lorient. Après 6 mois de vagabondage le long des côtes atlantiques et méditerranéennes ainsi qu’un séjour de 3 mois sur les quais parisiens, Tara est de retour dans son port de rattachement.

Il y a un an jour pour jour, Tara escorté de nombreux autres navires, rentrait à Lorient après une expédition de 16 mois en dérive sur l’océan Arctique afin de collecter des données atmosphériques et océanographiques pour le projet européen Damocles.  Nous étions reçus de façon ô combien chaleureuse par la population lorientaise et un public venu de tous horizons. C’était pour nous  la fin d’une grande aventure. Le navire allait, durant 4 mois, rester en chantier pour faire quelques réparations et travaux d’entretien nécessaires après les conditions difficiles de l’Arctique.

Aujourd’hui, la silhouette massive de la goélette polaire réapparait sur les pontons de la base sous marine au côté des « formules 1 de la mer » aux coques futuristes. Dans une semaine, après avoir été vidée, la baleine va être hissée sur le terre-plein de Keroman, et ce, pour une période d’un mois afin de réaliser les travaux en perspective du prochain périple autour du monde : Tara Oceans.

Certaines modifications techniques vont être apportées pour répondre au mieux à la demande et aux protocoles de collecte  des scientifiques. Il va être installé à bord de nombreux appareillages de précision qui permettront de pouvoir observer le monde de l’infiniment petit. Un des autres points importants de ce chantier est aussi de renforcer les structures du portique arrière et de rendre le travail  avec le  treuil océanographique la plus sécurisé possible ; En effet, à bord pendant 3 ans lors d’arrêts de plus de 10 heures tous les 2 jours, nous réaliserons des sondages jusqu’à 2 000 m de profondeur, ainsi que des prélèvements de plancton à l’aide de filet. Des instruments de filtration vont être installés dans un laboratoire humide construit sur le pont. En tout, 4 mois de chantier et de tests vont être nécessaires pour que Tara soit prêt à accomplir de nouveau son rôle de base navigante au service de la science, pour une meilleure connaissance de notre planète.

Hervé Bourmaud, capitaine de Tara.