ITW Romain Troublé: Tara et ses partenaires au long cours

© N.Pansiot/Tara Expéditions

28 août 2015

Après avoir passé un mois au Groenland pour la mission Tara Ecopolaris 2015, la goélette effectue une nouvelle escale à Stockholm sur la route qui l’emmènera à Paris cet hiver.

Cette occasion permet à Tara Expéditions et aux Taranautes de partager leurs observations et de rappeler combien les services rendus par l’Océan sont importants. À bord, les visites s’enchaînent : partenaires, jeune public, acteurs politiques… Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions souligne l’importance de ce type d’événement.

Quel est le but de cette escale en Suède ?

La Suède est l’un des pays les plus en avance sur le développement durable ! Nous avons organisé une escale de 5 jours à Stockholm pour mieux nous connaître mutuellement avec notre partenaire suédois, pour présenter notre expérience aux scolaires et évoquer la conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris cet hiver. Passer par de grandes métropoles comme Stockholm, Londres et Nantes lors de la Green Week nous semblait intéressant. À chacune de ces escales, nous accueillons des personnalités politiques à bord, comme aujourd’hui avec le Ministre suédois du Développement qui représente le parti vert ou l’ancien Premier Ministre qui s’engage sur les questions forestières. C’est très intéressant de pouvoir échanger sur la thématique des océans avec ces gens. Et puis nous sommes venus rendre visite aux représentants de BillerudKorsnäs, notre nouveau partenaire, très actif dans la préservation de l’environnement puisqu’il est le premier fournisseur suédois de matériaux et  d’emballages renouvelables.

Qui sont les mécènes de Tara ?

Ce sont des gens fidèles : agnès b. bien sûr, notre fondateur, qui avec Etienne Bourgois nous apportent leur vision ainsi que la sécurité financière sur le long terme, si nécessaire à un tel projet. Je pense aussi à notre « maison », Lorient Agglomération, qui nous soutient depuis maintenant 8 ans, tout comme la Fondation Albert II de Monaco. Nous travaillons également avec la Fondation Veolia depuis 6 ans… Les partenaires de Tara sont choisis, il s’agit de personnes engagées dans la réflexion sur le changement climatique et sur le développement durable en général. Certains, comme l’entreprise Serge Ferrari, sont précurseurs et développent des démarches industrielles allant dans ce sens. Et puis, ce sont aussi des gens qui ont les moyens de changer les choses ! Ils ne sont pas forcément irréprochables, mais ils ont la volonté de faire mieux et agissent.

Cette année nous avons établi un premier partenariat d’un an avec BillerudKorsnäs, une entreprise suédoise produisant du papier d’emballage de façon durable. En venant ici à Stockholm,  nous pouvons évaluer l’intérêt et le sens de cette collaboration à plus long terme. Nos partenaires sont aussi de moyennes entreprises françaises, j’ai cité Serge Ferrari, mais il y a aussi le Groupe IDEC, qui se sont rapprochés de nous sur la philosophie et sur le sens du projet Tara Expéditions.
Sans eux, Tara ne pourrait pas exister ! Nous avons aussi un partenaire non financier de prestige : la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO, qui nous aide beaucoup sur tous les aspects politiques, au sens noble du terme. L’UNESCO nous appuie pour faire passer nos messages aux Nations unies et nous mobilisons ensemble les pays membres autour de la question de l’Océan et de sa place dans le développement durable.

Tara s’investit beaucoup pour la prochaine Conférence climatique (COP21) qui se tiendra cet hiver à Paris…

C’est vrai, mais une COP en France, c’est historique ! Nous devons faire en sorte que l’Océan soit davantage pris en compte dans la réflexion sur le futur : celui du climat et celui du développement durable. Ce qui bloque les négociations climatiques depuis 20 ans, ce n’est autre que le conflit nord-sud pour savoir qui doit payer le fait de moins polluer aujourd’hui. Chacun reste sur ses positions et si la discussion n’est pas abordée sous un autre angle, nous n’aboutirons à rien, ou alors à un consensus mou. Il faut essayer de trouver un objectif ambitieux et commun à tous.

Nous, Tara, pensons que l’océan, sa santé, pourrait être un objectif. L’océan a cette capacité, en tant que bien commun de l’humanité, de fédérer les gens. Il l’a montré par le passé lors de l’Accord sur le Droit de la Mer. Je crois que si nous parvenons à régler les problèmes de l’océan, nous règlerons une partie des problèmes de l’humanité – car l’océan joue un rôle prépondérant dans la machine climatique (puits de carbone, régulateur de température, production d’oxygène) – et c’est ce que nous essayons de faire avec la Plateforme Océan et Climat, et avec l’Appel de l’Océan pour le climat. Voilà pourquoi Tara  sera à Paris près du Pont Alexandre III cet hiver, lors de la COP21, du 12 novembre au 18 décembre.

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

 

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