ITW : David Monmarché, Chef plongée

© Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions

25 août 2016

Durant ces deux ans d’expédition dans le Pacifique, des centaines de plongées se succéderont depuis le pont de Tara. Les questions de logistique et de sécurité, forcément capitales, sont assurées depuis le début de l’expédition par David Monmarché, chef plongée, celui que tout le monde à bord surnomme « Monch », « Mon deuxième prénom ! », plaisante-t-il.

 

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“Monch” en plein échantillonnage d’eau de mer entre les branches d’un corail © David Hannan / OceanArkAlliance

 

Quel est votre parcours et comment êtes-vous arrivé sur Tara ?

C’est une histoire de rencontre à Lorient ! Mais d’abord, j’ai un brevet d’état de plongée depuis 14 ans maintenant. J’ai été moniteur de plongée en Corse dans une école de plongée, puis j’ai été moniteur de plongée sous glace, à Tignes en Savoie. Pendant des années, j’ai donc fait des saisons. L’hiver à Tignes, puis l’été en Corse et surtout en Bretagne. A l’hiver 2015, quand j’ai décidé d’arrêter les saisons d’hiver, j’ai suivi une formation de marin, le brevet de Capitaine 200, pour compléter la plongée. A Lorient, où j’avais des modules d’enseignement, j’ai rencontré l’équipe de Tara qui m’a présenté la future expédition Tara Pacific. De fil en aiguille, j’ai proposé ma candidature. Tara était à sec, en chantier. J’ai d’abord travaillé au chantier, de janvier à avril, pour la préparation et la rénovation du bateau, puis j’ai embarqué au Panama pour les premières plongées, pour une durée de trois mois. Je serai à bord jusque début novembre 2016 à Papeete et réembarquerai en juillet 2017.

 

En quoi consiste votre travail à bord ?

Je m’occupe de l’entretien du matériel, je fournis aux plongeurs ce dont ils ont besoin en matériel et en équipement avant les plongées. Après chaque plongée, je regonfle les bouteilles pour qu’elles soient prêtes pour les plongées suivantes. Durant la plongée, tous les plongeurs, scientifiques ou cameraman, sont autonomes sous la surface. Mon rôle est donc de veiller à la sécurité depuis le bateau semi-rigide qui permet d’acheminer les plongeurs sur les sites de prélèvements, de veiller à ce que le temps de plongée que l’on a défini soit respecté. Je suis également amené à faire des plongées pour les prélèvements de plancton, pour la Station Biologique de Roscoff. Enfin, lorsque nous sommes en navigation, je m’occupe de l’entretien et de l’inventaire du matériel, et bien sûr je participe aux manœuvres et à la vie du bateau, comme tous les marins.

 

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Le caisson de recompression permet de prévenir les accidents de plongée en cas de remontée trop rapide

 

Quelles sont les spécificités d’une telle expédition ?

Ici, les membres de l’équipage plongent pour leur travail, ils ont de l’expérience et sont autonomes. Il y a donc moins d’encadrement à faire, même si nous faisons parfois des plongées dites récréatives, avec les artistes en résidence ou les correspondants de bord. Sur une telle expédition, les plongées s’enchaînent – deux groupes le matin, deux l’après-midi, l’un pour le corail et l’autre pour le plancton – il faut donc être particulièrement vigilant. Les plongées sont limitées à deux par jour et par personne, et lorsqu’il y a des plongées profondes et potentiellement à risque, nous déployons un caisson de recompression sur le pont pour qu’il soit prêt en cas de problème. Une fois les scientifiques dans l’eau, entre les consignes que je leur donne, le choix du site, les conditions extérieures comme les courants et la houle, j’ai une responsabilité directe.

Propos recueillis par Yann Chavance

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