ITW Mathieu Voluer: Marin sur Tara pour relier science et voile

© N.Pansiot/Tara Expéditions

3 septembre 2015

Parmi les marins de Tara, le petit dernier de la bande est un grand blond aux traits anguleux. A 34 ans, Mathieu Voluer, Officier de Pont, a intégré l’équipage au mois de juin pour participer à la mission Tara Ecopolaris 2015. En se tournant vers Tara Expéditions, ce marin réunit enfin ses passions : voile, science et éducation. Portrait d’un nouvel équipier.

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© N.Pansiot/Tara Expeditions

Mathieu a choisi la mer. Dans sa vie professionnelle comme dans sa vie personnelle, l’océan fait partie intégrante de son quotidien. Sa passion, ce sportif la cultive depuis l’enfance : « J’ai grandi au bord de l’eau, à Antibes, avec des proches amoureux de la voile, de l’apnée… Je suis pratiquement né à bord d’un bateau construit par mes parents. »

A 19 ans, il quitte la France pour suivre un cursus en océanographie à l’Université d’Hawaï. A l’issue de son année de maîtrise en biogéochimie, il reste sur place pour collaborer avec l’un de ses professeurs et mener des recherches sur l’acidification des océans. Il se décide finalement à rentrer au pays pour intégrer un master en gestion de l’environnement : « Je me suis rendu compte que j’avais vraiment besoin d’être au contact de la mer. J’ai choisi de faire cette formation à Corte, en Corse. J’ai ensuite travaillé au sein de la réserve des Bouches de Bonifacio pour réaliser une étude sur les interactions entre la pêche et les dauphins dans la réserve. »

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© N.Pansiot/Tara Expeditions

A la fin de ses études, Mathieu a mis de côté la science pour devenir professionnel de la voile, mais son intérêt pour la recherche n’en est pas amoindri. Capitaine diplômé en Angleterre, il réalise des convoyages à travers le monde sur de grands voiliers. Le marin sillonne volontiers la zone Pacifique qu’il affectionne particulièrement. Et lorsqu’il ne navigue pas pour le travail, cette tête blonde ne reste jamais loin de l’élément liquide. Il part à la rencontre des autres, des peuples de la mer, comme à Madagascar, un lieu dont il s’est imprégné pendant 6 mois au contact des pêcheurs locaux. En Polynésie, où il retourne régulièrement, il a découvert une culture tournée vers la mer nourricière. L’océan n’est plus qu’un sujet d’étude ou un terrain de jeu. Ses amis Polynésiens l’ont initié à leur culture et Mathieu a pu apprendre de manière empirique à leurs côtés. Le mot « transmission » revient souvent dans ses échanges. Le trentenaire semble animé par la volonté de partager ses expériences aux plus jeunes, à ses futurs enfants.

A bord, Mathieu n’hésite pas non plus à donner un coup de main aux fourneaux. Et s’il cuisine c’est aussi parce qu’il apprécie les bons produits. Véritable épicurien, il répète volontiers ne pas aimer “se priver” et vouloir “profiter de la vie”. Mathieu suit les aventures de Tara depuis quelques années, mais la rencontre avec la goélette n’a vraiment pu se produire que récemment pour des raisons professionnelles. Cet été, à la croisée des chemins, il n’a pas hésité : « cela fait un peu plus de 3 ans que je cherche à relier science et voile. Naviguer à bord de Tara est une suite logique… »

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

 

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