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2 septembre 2009

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Plus que deux jours pour terminer les derniers travaux sur Tara. Aujourd’hui je me suis intéressée aux hommes en bleu, ceux qui investissent le bateau de bon matin, s’éparpillent sur le pont et repartent à la fin de la journée. Ils sont embauchés par une société de chantier navale lorientaise (Timolor) et leurs compétences sont indispensables sur un bateau tout en aluminium comme Tara.

Ce sont les soudeurs, chaudronniers et tuyauteurs qui ont contribué à mettre le bateau à nu et à le rénover petit à petit. Samuel Buissneau se rappelle du début du chantier, il y a 6 mois : “Les gens du bord enlevaient tout le bois et l’isolation et nous on a sondé l’épaisseur de tôle des cuves de gasoil”. Jérôme Lebobinnec renchérit : “sur un bateau qui a 20 ans comme Tara, il y a une usure naturelle liée à l’électrolyse. A certains endroits la tôle ne mesurait plus que 2 millimètres au lieu de 6 !”.

Sur Tara les travaux ont été particulièrement durs. “On travaillait dans des conduits sous les planchers qui faisaient 60 centimètres de haut !”. Les hommes en bleu ont dû descendre dans les cuves de carburant. Une opération qui peut être périlleuse et nécessiter de “dégazer”, c’est à dire vider et aérer les réservoirs pour supprimer les vapeurs très toxiques.
“Ensuite on a découpé les parties trop abîmées et on les a remplacées” explique Samuel. Ils ont appliqué des sortes de patchs en alu en les soudant. “On a fait plus de 17 inserts sur la cuve principale qui va des toilettes jusqu’à la cale avant et qui mesure 7 000 litres”. “Ca fait plaisir de bosser sur Tara”, conclue Jérôme, “y aurait pas eu cette ambiance-là, ça aurait pu dégénérer ! Hervé, le capitaine a bien compris la difficulté de notre tâche – ajoute Samuel- il nous a soutenu au lieu de nous mettre la pression”.
Ce soir, l’équipage organise un grand apéro en leur honneur devant le ponton au pied du bateau. Une petite réception en toute simplicité : pas plus de 50 personnes.
 
“On peut dire que ça a été très dur, mais quand Tara va partir on va verser une petite larme… 6 mois de travail dans une année ça représente quelque chose !”. Bruno Ledoeuff s’approche : “comme l’a dit Hervé, on est un peu l’équipage-bis du bateau. Moi je partirais bien un jour à bord !”.