Jean-Louis Etienne de passage sur Tara

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22 novembre 2011

L’explorateur français a retrouvé avec émotion son ancien bateau « Antarctica », aujourd’hui Tara. L’occasion de partager avec l’équipage tous les souvenirs qui entourent ce bateau : depuis sa construction en 1989, Tara a fait du chemin !

Aujourd’hui, Tara continue sa mission éducative en accueillant une cinquantaine d’élèves de la San Diego French American School. L’équipage accueille par petits groupes les enfants pour leur proposer une visite guidée du bateau, du pont aux cabines, en passant par le Wet Lab (laboratoire sur le pont) ou la salle des machines.

Des élèves studieux et curieux de tout, qui ont suivi pendant des mois avec leur classe le périple de Tara, ravis d’y pénétrer pour de bon. Mais parmi les groupes scolaires, un visage familier apparaît : Jean-Louis Etienne, résidant à San Diego, a souhaité saluer l’équipage avant son départ vers le large. Ce bateau, c’est lui qui l’a imaginé avec l’aide de l’ingénieur Michel Franco et des architectes Luc Bouvet et Olivier Petit, quand celui-ci s’appelait encore Antarctica.

Conçu pour résister aux glaces arctiques, le voilier a traversé toutes les mers du globe avec Jean-Louis Etienne à son bord. Racheté en 1996 par le célèbre navigateur néo-zélandais Sir Peter Blake (qui le renomme « Seamaster»), puis par Etienne Bourgois en 2003 notamment pour l’expédition Tara Arctic, ce bateau a connu de nombreux changements au fil de ses expéditions.

Pour Jean-Louis Etienne pourtant, c’est toujours le même navire qui l’a emmené à travers le monde. « Je n’ai pas l’impression de l’avoir quitté. Mon corps ne l’a pas quitté, murmure l’explorateur français, ému de ces retrouvailles. Je pourrais le traverser de long en large sans même ouvrir les yeux ». Parcourant le bateau en terrain connu, il remarque ici ou là une cabine transformée en laboratoire, un panneau de bois retiré, un nouvel appareil de contrôle.

Entouré par tout l’équipage, l’explorateur français évoque ses aventures sur ce même pont, les problèmes techniques qu’a connu le bateau par le passé, les bons et les mauvais moments. Où qu’il regarde, les souvenirs affluent devant un auditoire ravi de se retrouver face à une véritable mémoire vivante de ces lieux. Même si la nostalgie pointe parfois son nez, on sent l’homme heureux de voir son ancien bateau en aussi bonnes mains. « Quand j’ai voulu le vendre, certains souhaitaient l’utiliser pour des croisières, soupire-il. Là, il est à sa place. Je suis fier de voir ce qu’il fait en tant que Tara ».

Loïc, le capitaine, en profite pour lui demander des précisions sur Clipperton, notre prochaine destination. Devant une grande carte de l’île, Jean-Louis Etienne, qui y a mené une expédition de quatre mois en 2005, explique où accoster, où jeter l’ancre. Des informations en or pour l’équipage : Clipperton est en effet la prochaine destination de Tara, à mi-chemin entre San Diego et le Panama. Départ pour cette île si chère à Jean-Louis Etienne prévu jeudi!

Yann Chavance