Julie Lhérault, femme, marin et chef de pont

© Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

7 juin 2016

Premier embarquement à bord de Tara pour Julie Lhérault, marin et chef de pont. Un rêve qui se réalise à 27 ans… Elle nous dévoile avec plaisir ses passions et son parcours.

Quelques jours avant le départ de l’expédition Tara Pacific, Julie Lhérault embarque pour la première fois sur Tara, en tant que chef de pont. A bord règne une ambiance de fourmilière pour terminer à temps le chantier. Julie s’active sur le pont pour étanchéifier les hublots et entretenir les certaines pièces du pont, en cale avant pour ranger l’accastillage, en tête de mât pour contrôler les cordages (épissures) et les poulies… « Il faut avoir les yeux partout, vérifier que tout est bien propre et au clair au cas où il faille manœuvrer rapidement ». Le travail est parfois physique, mais la chef de pont a toujours le sourire et plein d’énergie à revendre : « De toute façon, je ne sais pas m’arrêter, il faut que je m’occupe ».

 

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Julie Lhérault, chef de pont, vérifie l’accastillage sur le pont de Tara © Maéva Bardy

 

La voile, une passion transmise depuis son plus jeune âge par son père. A 13 ans, Julie sait déjà qu’elle veut en faire son métier. Elle arrête les études à 18 ans pour devenir bénévole à l’école des Glénans où elle obtient son diplôme de monitrice de voile, option croisière. A 21 ans, elle part faire du charter entre les 40ème rugissants et les 50ème hurlants, une des régions les plus dangereuses pour la navigation. Pourtant, malgré le froid, les engelures aux doigts, la mer redoutable, le brouillard, les icebergs… elle garde en mémoire cinq années de souvenirs inoubliables sur le plan humain, « on était comme dans un cocon ». Et puis, les paysages somptueux font oublier tout le reste. L’hiver dernier, lorsqu’elle retourne dans cette région avec une eau à 5°C, c’était la première fois qu’elle voyait la pluie depuis des années. Amener des touristes pour découvrir cet environnement particulièrement menacé ne lui suffisait pas : « Je ne pouvais pas rester planter-là, à regarder ».

 

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Julie Lhérault, chef de pont, à l’étrave du bateau pour réparer la poulie du point d’écoute du yankee © Maéva Bardy

 

La première fois que Tara a croisé sa route, c’était en 2010, à Ushuaïa. Elle a réveillonné le soir de Noël à bord de la goélette avec une partie de l’équipage resté à l’occasion des fêtes de fin d’année. Une ambiance chaleureuse régnait à bord. Dans le carré, des lampes frontales clignotaient en guise de guirlandes lumineuses. Elle s’est sentie tout de suite faire partie d’une famille. Ce n’est pas toujours le cas dans le milieu de la voile où en tant que femme « il faut souvent en faire deux fois plus que les hommes, et on n’a pas le droit à l’erreur » se confie-t-elle. A partir de ce ce moment-là, elle mettra tout en œuvre pour faire partie de l’équipage. Ses diplômes de Capitaine 200 et de Yacht Master en poche, elle tente une fois, deux fois… Sa détermination aura finalement gain de cause. Aujourd’hui, à bord de Tara jusqu’à la sortie du Canal de Panama, elle a le sentiment d’avoir réussi à réunir ses valeurs, ses passions et sa sensibilité environnementale.

Maéva BARDY, correspondante de bord

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