La descente vers Québec

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29 octobre 2013

Depuis la fin de la station de prélèvements N°210, dimanche soir, Tara file au moteur vers l’embouchure du fleuve St Laurent. Nous l’atteindrons dans trois jours, au mieux, en fonction du vent et de la mer. Même si la partie scientifique de l’expédition sera maintenant plus réduite avec des stations sans déploiement d’instruments, l’aventure continue pour rejoindre d’abord Québec avant St-Pierre-et-Miquelon et enfin Lorient.

L’équipe scientifique emmenée par Eric Karsenti était satisfaite de finir «le job» dimanche en début de soirée sous la neige et dans le froid.  Surface et couche mésopélagique, aux environs de 350 mètres de profondeur, ont été passées au peigne fin.

«C’est une station importante me confiait Marc Picheral, l’un des ingénieurs océanographes impliqués dans le projet depuis les prémices de Tara Oceans, car nous n’avons jamais échantillonné ici. Il ne faut pas se relâcher, même si c’est la dernière station de ce type jusqu’à l’arrivée». Chacun des six membres de ce team science n’a pas dérogé à ces principes rappelés par Marc.

Ce lundi, nous sommes donc rentrés dans une nouvelle étape de l’expédition Tara Oceans Polar Circle. Nous descendons assez rapidement vers le sud au moteur pour accrocher les vents d’une dépression qui devrait nous conduire, si elle ne mollit pas trop vite, aux abords du fleuve St Laurent. Les vingt quatre heures à venir sont très importantes vu notre réserve de gasoil. Si les bulletins météo que nous avons reçus s’avèrent juste, nous pourrons juste rejoindre le grand fleuve qui conduit à Québec, avant une renverse du flux vers le sud. Nous aurions alors le vent de face. Mais Martin Hertau, notre capitaine depuis Ilulissat, veille au grain et surveille cette affaire de près.

Car la remontée du St Laurent jusqu’à Québec est longue de 700 miles avec des courants parmi les plus forts du monde, avec en prime du trafic maritime. Les ports de Québec et celui de Montréal, affichent respectivement des tonnages annuels de 22 et 24 millions de tonnes par an. Le St Laurent est l’un des 25 plus grands fleuves du monde, il traverse l’Ontario et le Québec, et représente à lui seul 25% des réserves d’eau douce mondiale. Sur toute sa longueur, ce géant qui relie la région des grands lacs à l’océan Atlantique mesure 1 140 kilomètres.

A la hauteur de Tadoussac, la première grande ville du Québec que nous rencontrerons sur notre route, il est déjà le plus grand estuaire du monde. C’est au français et malouin Jacques Cartier qui en prend possession au nom du roi François 1er en 1534, que l’on doit ce nom choisi le jour de la fête de St Laurent de Rome.Les peuples amérindiens occupants les premiers ces terres l’appelaient, Hochelaga, ce qui veut dire le chemin qui marche.

Vincent Hilaire

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