La double vie de Tara Expéditions

© N.Pansiot/Tara Expéditions

22 octobre 2014

Ombre et lumière, terre et mer, les expéditions de Tara oscillent entre deux univers. La face visible du projet : la goélette, Tara, se situe en permanence sous les feux des projecteurs. A l’inverse, l’équipe parisienne se trouve plus souvent dans l’ombre de ses voiles.

 

Qu’ils soient localisés à Paris ou à bord, tous les membres de l’aventure Tara travaillent pour la science et l’environnement ; ils s’attèlent à faire connaître l’histoire d’un bateau mythique et faire briller les yeux d’un public curieux. Même si au delà des missions de la goélette, la Base Tara s’engage aussi pour la préservation de l’océan depuis Paris. Expositions, conférences, projections ou encore animations pédagogiques rythment la vie de la Base.

Un bateau, un bureau et Une équipe. En partie navigante, en partie terrestre mais chacun se complète et travaille pour un même objectif. Et pourtant, le lien entre la terre et la mer se fait souvent virtuellement, par email ou par téléphone. Les rencontres se font rares, lors d’escales ou d’évènements. L’équipe et l’équipage voguent souvent en parallèle, parfois en décalage horaire.

Cette 10ème expédition est un peu l’exception qui confirme la règle, la goélette ne naviguant pas dans les régions du globe les plus reculées. Tara n’est qu’à quelques heures de transport de la Base Tara à Paris. Un train Paris-Marseille ou un vol Paris-Barcelone, permet aux travailleurs de l’ombre de se joindre à l’équipe à bord, le temps d’une étape. Il est vrai qu’un vol Paris-Illulisat au Groenland ou Paris-Papeete n’exige pas la même logistique et n’engendre pas les mêmes coûts, ni la même empreinte carbone !

Dates des escales, programmes, point presse, Martin Hertau, notre capitaine reçoit les directives à bord. Tout est administré par la Base, l’équipe à terre située boulevard Bourdon, à proximité de la Place de la Bastille. A Paris, sous la houlette d’Etienne Bourgois et Romain Troublé, la fourmilière s’active pour préparer les expéditions, enrichir les programmes de Tara Expéditions, définir les priorités. Sans eux, pas de Tara ! Le nerf de la guerre, autrement dit la recherche de partenariats, se gère aussi depuis le bureau. Ils sont Responsable Environnement et Climat, Chargé des actions éducatives, Chargé de communication, ils travaillent pour sensibiliser le grand public à l’environnement. Cette année, Myriam Thomas, Eloïse Fontaine, Xavier Bougeard, Magali Puiseux, André Abreu, Marc Domingos ont profité de la proximité du bateau pour se joindre, tour à tour, aux Taranautes.

Myriam, dit « Mimi », embarquait entre St Tropez et Naples. Pendant quelques jours, comme le reste de l’équipage, son nom figurait sur le planning des quarts de nuit et celui des tâches ménagères. A terre, voilà 7 ans que Mimi endosse le poste de responsable des événements, pour elle embarquer sur la goélette lui « rappelle ce pour quoi elle travaille chaque jour. » Elle ajoute : « Lorsqu’on travaille sur un projet comme Tara, la goélette est l’élément réel mais il est souvent très loin. Retoucher le bateau du doigt, permet d’effectuer la passerelle intellectuelle entre ce que nous faisons toute l’année à Paris et ce pour quoi nous travaillons tous. »

Avant elle, c’était Eloïse, Directrice de communication, qui naviguait entre Marseille et St Tropez. Une première ! Ce rapprochement terre-mer a ravi l’équipage et c’est avec beaucoup d’entrain que les Taranautes ont partagé leur quotidien avec elle. Au programme : découverte de la salle des machines en compagnie de Sam, le Chef mécano, discussion interminable en passerelle avec Nico, le Second, ainsi que du temps passé dans le PC Com pour comprendre le travail de la correspondante de bord. Eloïse, sourire aux lèvres, confiait alors « Je suis heureuse d’être là ».

Ce rapprochement a donc fait l’unanimité, auprès des terrestres comme des marins. « C’est une excellente idée ! »,  souligne Martin Hertau, Capitaine. « Ainsi, il n’y a plus deux entités : bureau et bateau. Les gens de la Base qui viennent à bord comprennent mieux ce que nous faisons et il y a une meilleure symbiose. »

Noëlie Pansiot

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