La présence de Tara Expéditions à Rio+20, bilan à mi-parcours du Sommet des Peuples

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19 juin 2012

Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions, nous rappelle les motifs et les enjeux de l’engagement de Tara au Sommet de la Terre et des Peuples de Rio+20.

André Abreu, représentant de Tara Expéditions au Brésil, nous explique la préparation de cet événement et les retombées, aujourd’hui à mi-parcours.

Comment a démarré l’aventure Rio+20 ?

RT: Tout a commencé en octobre 2010, lors de notre escale à Rio de Janeiro. Ça a été l’une des plus grosse escale de l’expédition Tara Oceans et c’est là que nous avons rencontré la mairie de Rio, qui nous a demandé d’être « porte drapeau » de Rio+20.
Nous avons donc communiqué ensuite, tout au long de l’expédition, sur l’importance de ce « Sommet de la Terre ».
Et puis, l’élément déterminant de notre venue ici, ça a été bien sûr la rencontre à New York avec Mr Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU. Lors de son passage à bord de Tara, il nous a vivement encouragé à participer à Rio+20, afin d’expliquer la problématique des océans à la société civile brésilienne et internationale. Et c’est à partir de là, que nous avons commencé à travailler avec ses équipes et que sur place, au Brésil, André Abreu a préparé l’événement.

Comment s’est déroulé la préparation de cet évènement?

AA : Pendant près de deux ans, depuis l’escale de Tara à Rio, nous avons créé des liens avec la société civile brésilienne, les universités, les ONG, les chercheurs, pour arriver ici, à cet événement, avec eux. Grâce à toutes ces relations, nous avons acquis ensemble une force politique qui nous a permis de décrocher un si noble endroit, qu’est le pavillon bleu. Sans oublier le soutien de la Fondation France Libertés, d’Agnès b. et de la Fondation Veolia `

Quelles sont les actions menées par Tara à ce sommet international ?

RT : Nous avons lancé une grande campagne de sensibilisation auprès du public et des médias. Sur le plan local, nous nous exprimons très fréquemment sur les problématiques des océans sur la chaîne Globo, qui est la première chaîne du pays. Concernant la presse internationale, nous participons à la plateforme d’information « oceansinc », qui met en ligne chaque jour des vidéos et des articles sur des sujets relatifs aux océans et aux négociations de Rio+20.
Et bien sûr, il y a toutes les conférences, animations, débats, proposés au Pavillon Bleu, pavillon sur lequel nous sommes présents avec d’autres ONG. Trois journées sont consacrées aux océans.

Comment ont été accueillies les premières manifestations proposées par Tara au Pavillon Bleu?

AA : Chaque session amène beaucoup de monde, nous sommes même impressionnés de voir à quel point il y a une nécessité d’élargir la question des océans au grand public. Je pense que ce qui plaît au Pavillon Bleu, c’est que nous offrons un vrai espace démocratique où le public peut échanger avec les intervenants. Nous proposons aussi des modes de communication variés, (films, observation du plancton, conférences TED…), ce qui n’est pas le cas de ce que l’on peut voir au Rio Centro. C’est grâce à l’expertise de Tara Expéditions, en termes de vulgarisation scientifique et d’engagement éducatif que les animations proposées rencontrent un engouement de la part du grand public brésilien.

Quels sont les enjeux de Rio+20 ?

RT : Si l’on parle des négociations officielles, nous espérons que les pays vont reconsidérer la place des océans dans leurs politiques de développement, mais aussi que la communauté internationale va s’engager à respecter l’application des droits de la mer, et mettre en place un dispositif de gouvernance de la haute mer.
Mais le plus important pour nous, pour Tara, c’est avant tout que la société civile s’approprie cette problématique, qu’elle se mobilise pour défendre les océans.

AA : Nous devons effectivement encourager un mouvement citoyen bleu pour pousser les gouvernements à prendre des décisions.

S’il y avait un message à faire passer à cette société civile, quel serait-il ?

RT : Il faut agir vite pour éviter que nous arrivions un jour à un point de non-retour. Nous ne le rappellerons jamais assez, mais les océans sont essentiels à la survie des hommes et aujourd’hui, ils sont en péril.
Le positif dans tout cela, c’est que la mer fait preuve d’une grande résilience, beaucoup plus importante que l’environnement terrestre, les milliers de micro-organismes et leur fréquence de reproduction facilitent un renouvellement et une adaptation rapide.
Si nous diminuons dès aujourd’hui la pression infligée, nous pouvons espérer d’ici cinq à dix ans les premiers signes d’une régénération. Non, il n’est pas trop tard !

Propos recueillis par Anna Deniaud