La science démâte !

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13 décembre 2007

La science démâte !

Qu’on se le dise, même si nous ne sommes pas encore libérés de notre gangue gelée, la science elle doit anticiper ces changements inéluctables.
Aujourd’hui sur Tara, c’est l’océanographie qui se taille encore la part du lion scientifique.
Le mât météo estonien appartenant à l’université de Tartu a été remonté avec les honneurs dus à son rang. Cela signifie que les données sur la colonne d’air jusqu’à dix mètres au dessus de Tara ne sont plus enregistrées. Le mât captait en permanence la vitesse du vent à quatre hauteurs différentes. Mais aussi la température, l’humidité et la pression.
Pour résumé, il ne reste plus sur la glace qu’un sismomètre pour enregistrer les prochaines cassures de la glace avant notre sortie dans l’eau libre. Le reste a pour nom de code CTD (conductivity, temperature, depth). 90% des manipulations scientifiques scrutent donc désormais l’océan, ses couches, sa température et sa salinité.
C’est de toute façon ce qui pourra se faire jusqu’au bout sans casser le matériel. Vu la diminution de la banquise cette été, un nouveau record, et la dérive très rapide de Tara, ce n’est pas un mal que l’océanographie fasse durer un peu plus que le plaisir. L’évolution récente de l’Océan Arctique rend ces données d’autant plus intéressantes pour le programme de recherche européen « Damoclès ». Programme auquel Tara est associé dans la cadre de l’Année Polaire Internationale 2007-2008.    

Vincent Hilaire