Le déchargement du trésor de Tara

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23 novembre 2009

Le déchargement du trésor de Tara

Toutes les 4 à 6 semaines, les précieux échantillons récoltés par les scientifiques sur Tara sont débarqués à terre et envoyés dans des laboratoires dans le monde entier pour être analysés. Rencontre avec Rainer Friedrich, le responsable du convoyage de ces centaines de fioles et de bouteilles chargées de plancton, à l’occasion de notre escale à Dubrovnik (Croatie).

Quel est le chemin parcouru par les échantillons en débarquant de Tara ?

En quittant Tara les échantillons sont conduits à Francfort pour être triés et distribués vers leur destination finale : les laboratoires partenaires comme Marseille, Banyuls sur Mer, Barcelone, vers les Etats-Unis aussi… En partant samedi de Dubrovnik, les échantillons arriveront dimanche à Francfort et il faut encore compter deux jours jusqu’aux différents laboratoires.

Pourquoi cette étape en Allemagne ?

La principale raison c’est que l’EMBL, European Molecular Biological Laboratory, est installé en Allemagne. L’EMBL qui est partenaire de Tara Oceans a un statut spécial et ne nécessite pas de permis d’import pour faire venir des échantillons. De nombreux pays hors-Europe demandent ce genre de permis, même pour de l’eau de mer concentrée. C’est pour cela que les échantillons sont tous envoyés en Allemagne au nom de l’EMBL avant d’être redistribués vers les différents laboratoires, leur destination finale.

Combien d’échantillons sont débarqués à chaque fois ?

Une cargaison ça représente des centaines de bouteilles et de contenants de différents volumes. Je dirais 500 petites fioles et une centaine de bouteilles avec de l’eau de mer concentrée… mais ça dépend des stations de prélèvement que Tara a pu effectuer. Après un déchargement comme ici à Dubrovnik, le bateau devrait faire 8 stations d’échantillonnage, soit 4 à 6 semaines, ce qui nous amène à Djibouti la prochaine fois.

C’est compliqué de transporter du plancton ?

La principale difficulté ce sont les formalités administratives aux frontières. Tara est considéré comme un territoire français, donc appartenant à la communauté européenne… la Croatie n’en fait pas partie et nous avons dû prévoir tous les papiers de transfert pour qu’il n’y ait pas de problème aux frontières.
Nous devons aussi gérer trois températures différentes. Les échantillons sont stockés et livrés à – 80°C, d’autres entre 2 et 8°C (c’est à dire réfrigérés) et enfin à température ambiante contrôlée, entre 15 et 25°C. A Dubrovnik on a également récupéré des échantillons à -186 degrés dans l’azote liquide. Nous utilisons un thermocontainer, une remorque spéciale avec un système d’isolation par le vide qui permet de maintenir la température pendant 5 ou 6 jours.

Propos recueillis et traduits : Sacha Bollet