Le grand bain océanique

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15 octobre 2010

L’un des évènements de cette semaine pour l’équipage restera ce bain dans l’Océan Atlantique Sud. « A 17 h aujourd’hui, nous nous arrêterons et ceux qui le souhaiteront pourront se baigner » avait annoncé mardi en début d’après-midi Olivier Marien, notre capitaine.

Un bain dans l’océan, ce n’est pas rien. Surtout avec 5 000 mètres de fonds. Même si en matière de flottaison rien ne change par rapport à une bonne planche à quelques mètres d’une plage ! Mais la psychologie humaine est ainsi faite que certains paramètres changent beaucoup de choses.

A l’heure dite, les premiers candidats à la baignade sont apparus en maillot de bains sur le pont. Certains mêmes plus hardis avec masque et tuba pour essayer de percer un peu mieux le mystère de ce bleu profond et soyeux comme du velours. L’échelle de mise à l’eau a été installée, des cordes flottantes et des bouées flottantes immergées par sécurité. Julien Daniel, notre chef mécanicien a lancé la baignade par un plongeon dans le bleu suivi de Marion Lauters, pour qui s’était une grande première. Pas vraiment rassurée Marion, craignant de servir éventuellement d’appât, mais elle l’a fait. Et puis en deux groupes tout le monde s’est jeté à la baille. Sarah Searson s’est ensuite fendue d’un beau plongeon aérien depuis le toit du laboratoire humide.

Les cordes de sécurité se sont révélées très utiles car il y avait du courant, la corde d’une dizaine de mètres de longueur nous permettait alors de nous hisser vers Tara. Nous avons réalisé des photos de sauts, images vidéo pour immortaliser cette belle récréation. Et puis le bain a touché à sa fin, et Tara a repris sa route.

A bord tout le monde savourait le bénéfice de ce bain revitalisant et rafraichissant, gommant comme par magie fatigue et chaleur. Les langues se déliaient aussi pour partager les sensations, les émotions.

In aqua veritas !

Tintin et le TSRB

Hergé aurait été à bord de Tara ce jour là, c’est sûr qu’il aurait vu en cet engin une source d’inspiration pour l’une de ces planches de B.D. Personnellement, j’y ai tout de suite vu une fusée. Ses deux propulseurs latéraux, et son nez élancé pour fendre l’atmosphère. Un peu comme la fusée rouge et blanche d’ « Objectif lune ». Mais celle ci, elle est noire,  aurait été celle du méchant Rastapopoulos.

Dans la vie hors des bulles de B.D. cette fusée est en réalité un outil très perfectionné. Le TSRB sert à étalonner les mesures entre ce que nous faisons sur Tara et ce qui nous parvient des satellites. Une fois la fusée envoyée, dans l’eau, un capteur regarde vers le fonds et un autre vers les airs et c’est comme cela que cet outil permet de paramétrer et harmoniser ce que disent les satellites avec notre langue à nous à la surface de l’océan.

En plus TSRB, ça veut dire Tethered surface Radiometric buoy, ça fait très science… fiction. Ca aurait plu aux Dupont(d) !

Rancard avec un brancard

Récemment je vous ai déjà parlé d’exercice de sécurité en cas d’abandon du navire, de l’équipement de nos hommes du feu en matière de lutte contre l’incendie à bord, cette fois, nous avons fait l’exercice de l’évacuation d’un blessé sur le pont avant.

Pour cela un matelas coquille et des stagiaires. Mathilde Ménard, second capitaine nous a formé cette semaine au transport d’un traumatisé de la colonne vertébrale après la simulation d’une chute de plusieurs mètres de l’un des deux mâts de Tara. C’est Julien Daniel qui a joué le cobaye. Il a fallu d’abord lui mettre une protection cervicale, puis le soulever et l’installer sur le brancard avant de le gonfler pour qu’il épouse ses formes et le cale au mieux. Ca paraît facile comme ça, mais tout tient dans la coordination de ceux qui opèrent. Un chef d’opération donne le tempo indispensable. Et puis ensuite il y a le transport jusqu’à la passerelle pour donner les premiers soins dans un endroit sécurisé. Il faut slalomer entre les haubans sans heurter la victime. Et à l’usage, le côté tribord s’avère plus aisé pour mener à bien cette évacuation d’urgence.

Conclusion au terme de ce nouvel exercice de sécurité, en dehors de bases techniques indispensables, il n’y a que la pratique collective qui garantie l’efficacité. A la semaine prochaine donc pour un prochain atelier.

Vincent Hilaire