Le gyre de Gibraltar

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24 septembre 2009

Le gyre de Gibraltar.

Cette semaine nos prélèvements ont été organisés en fonction d’un phénomène assez mystérieux : un gyre, c’est à dire un tourbillon au large de Gibraltar.

A cet endroit, les eaux de l’Atlantique s’infiltrent par le détroit et suivent la côte africaine. Inversement les eaux méditerranéennes sortent vers l’Atlantique le long du littoral espagnol. Il en résulte des courants contraires qui forment un tourbillon.

Ce gyre mesure une centaine de kilomètres et peut être repéré par satellite.
En son cœur, les prélèvements deviennent particulièrement intéressants puisqu’il semble qu’une masse d’eau soit emprisonnée, avec des propriétés très différentes des autres masses d’eau alentour.

L’eau captive est plus froide que les eaux atlantiques et méditerranéennes. Elle est salée comme la Méditerranée mais présente un taux de chlorophylle faible, comparable à celui du courant venu de l’Atlantique.

             Tout est relié avec l’objet
             de nos recherches : le plancton.

La faible concentration en chlorophylle est révélatrice pour nos scientifiques d’une faible abondance de phytoplancton.
Et, en effet, notre pêche au phytoplancton n’a pas été très fructueuse. En revanche, nos filets et nos filtres ont été remplis de salpes, des organismes gélatineux qui appartiennent au zooplancton. Ces derniers peuvent se nourrir de phytoplancton, mais dans une zone pauvre comme celle-ci, ils sont capables de filtrer l’eau et de se nourrir d’animaux microscopiques ou de petites particules comme les bactéries et même de détritus organiques.

Pour mesurer le contraste entre le gyre et l’eau de la Méditerranée à cet endroit, nous nous sommes rendus plus au nord le lendemain, à proximité de la ville de Malaga. Déjà, à l’œil nu, la couleur de la mer avait changé. Elle était beaucoup plus verte que la veille, signe d’une présence accrue de chlorophylle et donc de phytoplancton. En revanche, les salpes gélatineuses étaient absentes.

Ce ne sont là que les premières observations que nous avons pu faire dans la zone du gyre. L’analyse des prélèvements devrait révéler bien plus de secrets sur cette eau emprisonnée dans le tourbillon et sur le plancton qui y dérive.

Sacha Bollet