Le Havre/Paris, un voyage original

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19 octobre 2012

L’aventure commence au Havre le long d’un obscur quai de commerce. Pour monter à Paris par la Seine et ses ponts, il a fallu démâter Tara : une petite entreprise…

D’abord, nous devons commencer par démonter tout l’accastillage et le gréement courant. Ensuite déposer les bômes sur le pont et démonter les maroquins. Les maroquins sont les 2 câbles qui relient les 2 têtes de mâts de Tara. Pendu dans le baudrier à 27 mètres de hauteur, il faut de l’abnégation pour desserrer les ridoirs avec 2 clés à molette XXL…

A l’aide de 2 vérins hydrauliques, nous levons le mât d’1 mm afin d’enlever les cales sous le pied de mât qui maintiennent la compression et la tension du gréement dormant.

Il ne reste plus qu’à déconnecter tous les haubans pour que la grue puisse lever le mât. C’est un moment impressionnant où chacun doit savoir exactement ce qu’il doit faire pour ne pas abimer du matériel. Pendant qu’une partie de l’équipage travaillait sur les mâts, les autres construisaient des structures en bois sur le pont sur lesquelles on a posé les mâts.

Vendredi dernier à 2h du matin : notre curieux voyage a débuté par le franchissement du sas Quinette et des retrouvailles musclées avec l’océan. 35 nœuds de vent et une mer hachée. Quelques coups de roulis nous ont prouvé la solidité de nos installations avant d’embouquer le chenal d’accès à la Seine.

Avec le courant de marée montante, nous avons remonté la Seine jusqu’à Rouen à une vitesse moyenne de 9 nœuds. Là, nous avons définitivement quitté le monde maritime pour le monde fluvial et en quelques ponts, nous sommes passés des cargos aux péniches.

2 jours de navigation bucolique entre les vaches et les écluses nous ont amenés à la capitale. Depuis dimanche dernier, 15 heures, Tara est à quai en plein cœur de Paris.

Déjà nous avons remâté mercredi et les curieux se pressent pour savoir que fait là ce curieux bateau.

Après la Statue de la Liberté à New York en février ou Tower Bridge à Londres, il y a un mois, nous voilà désormais au pied de la Tour Eiffel !

Une nouvelle escale originale avant de reprendre le chemin des océans.


Par le capitaine de Tara, Loïc Vallette