Le polaire

©

19 décembre 2006

Gamet peut rester des heures dehors sans perdre de sa dextérité et sait déjouer tous les pièges de la banquise.

Cent-cinquième jour de dérive.
Position : Dérive par 83 83° 30′ 6193″ N-141° 00′ 2073″ E, vitesse 0.4 nœuds 340° .
Vent 25 nœuds secteur sud
Visibilité Mauvaise, ciel couvert,
Lune : Invisible
Jour : Nul
Banquise : Stable.
Température de l’air : – 30°C
Température de l’eau : -1,7°C

Gamet Agamyrzayev est né en 1962 à BAKOU en Azerbaïdjan (Etat indépendant de l’ex URSS depuis 1990), vit 4 mois de l’année à Säki, petite ville des montagnes à l’est de Bakou et le reste du temps à Khatanga. Khatanga est une ville portuaire sur un fleuve (Khatanga) débouchant en mer des Laptev, dont l’activité n’est qu’estivale en raison de la glace qui rapidement empêche tout trafic.

Gamet a découvert la vie du nord sibérien à l’occasion de son service militaire à l’issue duquel il a exercé divers métiers (Docker, chauffagiste) mais surtout a rencontré Bernard Buigues avec qui il travaille depuis 1999 pour le musée du mammouth et pour les expéditions Mammuthus.

Il est vrai que Gamet ne manque pas de qualités, en particulier dans le domaine du bricolage. Une fois les plans dans sa tête, il est capable de transformer toutes sortes de matériaux pour leur donner une deuxième vie. Qualité essentielle ici où rien ne se jette. Doté d’une résistance physique remarquable, adapté au climat polaire, il peut rester des heures au froid sans perdre de sa dextérité. Sa dernière et toute récente réalisation est le sauna (banya en terme russe) du bord, dont je n’ose pas décrire le plaisir que nous en avons tant ce luxe me parait anachronique ici.

Il a aussi une connaissance de la banquise qui le rend indispensable à nos yeux quand nous devons mener des expéditions sur la glace. Il sait en déjouer tous les pièges. Dernière qualité, Gamet connaît bien l’équipage car il a participé au chantier de préparation de Tara à Lorient.

Denys