Le scientifique à bord

©

4 décembre 2006

Matthieu est le scientifique du bord, détaché du laboratoire d’océanographie de l’université de Paris-Jussieu. Jeune ingénieur en informatique et électronique, il a suivi une filière IUT électronique et informatique industrielle puis IUP informatique (Brest) puis a intégré l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Brest en 2002. Il a déjà une expérience des climats polaires puisqu’il a séjourné en tant qu’administrateur réseau et maintenance des expérimentations scientifiques au laboratoire de géophysique en 2005 à la base Française Antarctique de Dumont d’Urville. Matthieu, qu’est-ce qui t’a conduit à t’orienter vers les pôles : « Un concours de circonstances : surtout l’intérêt scientifique mais aussi, soyons franc, la proximité de l’Institut Polaire (IPEV) de mon école d’ingénieur qui m’a conduit à frapper à leur porte. La découverte de la Terre Adélie a suscité en moi l’envie de retourner vers ces régions fascinantes». Après ton expérience en antarctique, ton intérêt pour l’écologie te motive particulièrement « En effet, l’Antarctique permet la découverte de paysages somptueux, d’un monde animalier d’une richesse extraordinaire. Cette nature si pure m’a ouvert les yeux sur les richesses de notre monde qu’il faut à tous prix préserver. On ne peut que méditer lors que l’on se promène dans un tel univers. On retrouve ici un peu la même sensation, la faune en moins. » La base scientifique TARA est-elle très différente de ce que tu as connu à Dumont d’Urville ? : « Oui, rien n’est comparable. Ici, sur un bateau, contrairement à une base solidement ancrée sur un rocher, il y beaucoup plus de contraintes, à commencer par une grande proximité de la banquise, requérrant une attention de tous les instants. Lors de l’éclatement de la banquise que nous avons connue en septembre, notre matériel scientifique a été mis en péril ! La promiscuité impose un stockage rigoureux du matériel, les relations humaines sont différentes et plus fortes ».