Les glaces du Groenland contraignent Tara à patienter

© D.Dimeo/Tara Expéditions

13 juillet 2015

En cette saison, sous les hautes latitudes arctiques, le grand continent blanc n’a pas encore libéré l’accès à ses côtes. Patience et prudence valant règle d’or en navigation, la progression de Tara vers le Groenland prendra un peu plus de temps que prévu.

La goélette engagée dans la mission Tara Ecopolaris avec les membres du Groupe de recherche en écologie arctique (GREA) doit permettre l’étude des oiseaux vivant dans cette région polaire très isolée.

D.Dimeo/Tara Expéditions

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Comme il y a onze ans, Etienne Bourgois et Jean Collet, premier capitaine du bateau de Jean Louis Etienne en 1989, se sont donné rendez-vous sur Tara en Islande. En 2004, la goélette grise tout juste devenue propriété d’Etienne Bourgois et agnès b., avait inauguré sa série d’expéditions par une mission sur la côte Est du Groenland en compagnie de Olivier Gilg et Brigitte Sabard, deux spécialistes français des écosystèmes arctiques.

Cette fois, les deux ornithologues après avoir déposé leurs affaires à bord du bateau à quai à Akureyri (Islande) s’étaient envolés mercredi dernier pour Constable Pynt, un des seuls endroits qui compte une petite piste d’atterrissage sur la reculée côte Est. Le lendemain, Tara avait quitté le port de la deuxième ville d’Islande et avait fait route vers le Nord pour aller rejoindre les deux scientifiques du groupe de recherche en écologie arctique (GREA). Mais le fjord de Scoresbysund, qui selon les cartes satellite fournies par la NASA semblait alors encore accessible, s’est refermé. Les forts vents de Nord ont repoussé les glaces vers la terre pour en bloquer l’entrée.

Après une traversée agitée, Tara a dû slalomer entre les premiers bouts de banquise qui se trouvaient déjà à 80 milles des côtes. Une deuxième barrière de glace a également été franchie par le bateau polaire mais la troisième s’est révélée plus dense. Et la bataille avec les blocs géants a tourné à l’avantage des éléments. Des vents de 35 à 40 noeuds de nord-est étaient annoncés.

Pour des raisons évidentes de sécurité, décision à été prise de repartir vers l’Islande. Vendredi 10 juillet vers 19 heures, après des heures de zig-zag dans un froid glacial à travers les nombreux blocs de glace, Tara a regagné une zone de sécurité, un peu plus au large, en retrouvant la haute mer.

C’est donc jumelles à la main et vigie en haut du mât que la goélette a repris le chemin vers le sud. « On aurait pu attendre une éventuelle bascule mais les fichiers météo ne l’annoncent pas avant trois ou quatre jours », a affirmé le capitaine Martin Hertau. Rien de dramatique dans la situation polaire de cette année. La dominance de vents du Nord depuis des semaines a poussé les glaces bien au Sud et même la côte ouest du continent est encore sous l’emprise des glaces.

Dimanche 12 juillet vers 22 heures, après une traversée au portant, Tara est arrivée à Akureyri. Amarrée cette fois au petit port de pêche, Tara n’a plus qu’à attendre le feu vert des cartes des glaces pour refaire la traversée dans l’autre sens.

Dino Di Meo, Correspondant à bord de Tara

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