Les Taranautes dans le bain

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28 janvier 2012

Les Taranautes dans le bain

Quelques heures seulement après avoir quitté la quiétude de la rivière Savannah, les quinze à bord de Tara sont entrés rapidement dans le vif du sujet. Dès la première nuit, les vents de sud-est ont forcit pour atteindre aujourd’hui quelquefois jusqu’à 55 nœuds en rafales.
Ce soir, le vent a mollit et toutes les voiles ont été affalées. Nous sommes au moteur pour rejoindre en douceur le lieu de notre premier prélèvement au petit matin.

Une mise en jambe un peu « costaud » pour le nouvel équipage scientifique, certains y ont même laissé « quelques plumes ». Mais c’est la loi du genre quand on n’est pas aguerri, amariné, il faut quelques jours pour se fabriquer un pied un tant soit peu marin. Et on sentait ce décalage aujourd’hui avec les cinq marins du bord qui sont embarqués depuis trois mois. Virement de bord, prises de ris, les manœuvres se sont enchaînées tout ce vendredi et à chaque fois les gestes restaient fluides et précis malgré des conditions relevées.

La plus impressionnante de toutes ces manœuvres, alors que sous les grains les rafales étaient fortes, fut le virement amené dans une rafale de presque 60 nœuds. Il a fallu toute l’énergie du second capitaine Alain Giese, de l’officier de pont Vincent le Pennec et du chef mécano Daniel Cron assistés de Catherine Chabaud pour passer le lit du vent. Les creux étaient bien de trois mètres dans ces eaux chaudes, où toute la journée nous avions l’impression de défiler sur un tapis roulant. 11 nœuds, puis plus tard 14 et même 16 nœuds, Tara glissait au portant poussé dans le même sens par vent et courant. Moyenne sur 24 heures, 248 miles !

Avec une eau de mer à 20°C, l’atmosphère est très douce en ce moment. Après les manœuvres, rincés par des pluies diluviennes, le contraste était assez saisissant en rentrant dans le carré de Tara, où à l’heure du déjeuner cette chaleur était encore plus étouffante alimentée par les poissons qui cuisaient sagement au four.
Ce soir, les vents de Sud-Est se sont calmés et nous évoluons au moteur dans une mer encore un peu formée, mais le baptême du feu est passé.

Demain, si la météo le permet plusieurs stations courtes de prélèvements auront lieu avec des mises à l’eau de la rosette. Mais une chose est sûre, vue les vitesses et les températures constatées aujourd’hui, nous sommes bel et bien portés par le fleuve géant du « Gulf stream ».

Vincent Hilaire