L’escale à Saint George’s Town (Bermudes)

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23 février 2012

A la veille de notre départ pour les Açores, on peut dire que cette escale un peu plus longue que prévue aux Bermudes aura offert à l’équipage l’occasion de se reposer et de préparer correctement la traversée retour de l’Océan Atlantique Nord.

Une partie de l’équipe scientifique, la relève, est arrivée à bon port hier, fourbue après quelquefois vingt d’heures d’avion. Demain en début d’après-midi nous mettrons le cap vers l’Est avec certainement du vent. Un peu plus de quinze jours de mer nous attendent.

Les rues de Saint George’s nous ont offert un havre de paix pour ces quelques jours, tout comme son lagon où nous mouillons jusqu’à demain. C’est une ville de 15 000 habitants, comme un petit cocon. L’archipel des Bermudes compte 65 000 âmes au total.

Les rencontres avec « les locaux » dans les commerces, les supermarchés, les restaurants ou les bars ont toujours été chaleureuses. Les regards ont toujours été bienveillants, intéressés, curieux même. Nous avons souvent entendu « Where are you from ? ».

Dans l’ensemble la communauté qui peuple cette ville est noire de peau, mais il est vrai que nous sommes hors saison. Les touristes américains qui paraît-il débarquent en masse, en été sont actuellement sous d’autres cieux.
Ces enfants, ces femmes et ces hommes sont des descendants des esclaves africains emmenés ici par les colons anglais. Avant les premiers naufrages, au départ cette île n’était pas peuplée.

Les maisons de Saint George’s Town sont pour la plupart colorées. Les jardins propres et soignés. Des palmiers, des caoutchoucs, des ficus géants et des ibiscus ajoutent à cet ensemble multicolore. Ce qui est frappant aussi lorsqu’on se promène à pied, en dehors de ce calme, c’est qu’il y a presque des églises à chaque coin de rues. Confession anglicane, africaine méthodiste, catholique, les clochers ou les croix crèvent le ciel. Le plus beau de tous ces édifices, bien visible du haut de ses marches dé-moussées très régulièrement est sans doute la Saint Peter’s Church. Elle date de 1612, classée patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les toits également ont tous retenu notre attention. Ils sont tous quasiment blanc, construits avec la même forme et comportent des rigoles qui les parcourent pour recueillir l’eau de pluie. Il n’y a pas de source dans l’archipel.

Saint George’s n’a rien à voir avec Hamilton, la ville principale des Bermudes. Hamilton est un assez grand port de commerce, sur ces quais s’entassent des containers. Les rues sont plus larges et les bâtiments plus élevés, mais déjà on perd un peu de cette taille humaine dont on est friand quand on arrive de la mer.

Vincent Hilaire