L’île aux fossiles

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19 janvier 2011

Marambio  64°06 Sud et 56°41 Ouest. Nous aurons passé une vingtaine d’heures à ce mouillage. Hier soir, après notre arrivée, les montagnes aux alentours ont été saupoudrées de blanc par la neige.

L’excursion à terre aujourd’hui a tenu toutes ses promesses, le sol de Marambio est truffé de fossiles, et de sternes arctiques qui y nichent.

A la pointe nord de l’île, quelques tentes rouges et jaunes de campement. Quatre géologues argentins et espagnols en mission pour un mois. Leur camp est installé sur un petit plateau face à la mer. Lorsque nous sommes arrivés hier soir, c’était la surprise du jour pour eux. Ils sont ici depuis le 22 décembre dernier et jusqu’au 25 janvier prochain. Leur campement se compose de quelques tentes dont une principale qui est leur lieu de vie. Chauffée avec une table, des chaises, un camping gaz et un frigidaire. Un lieu où ils mangent et travaillent.

Ils sont chargés pour le compte de l’Institut Antarctique Argentin et de l’Institut géologique et minier d’Espagne de réaliser une cartographie de l’île et une étude des sols. Cette île est très ancienne, sa formation remonte à la création de la péninsule antarctique. Au moment de la séparation de l’Amérique du Sud et du Continent blanc, séparation qui entraina la création du Passage de Drake. L’étude de cette île est donc de toute importance pour comprendre mieux cette époque qui remonte à des millions d’années.

Sergio, Elisabet, Manuel et Francisco alias « Paco » nous ont servi un bon thé et nous avons échangé quelques minutes. Les uns et les autres se plaignaient du manque de soleil depuis leur arrivée. A part un ou deux jours, ils ont eu un temps gris et froid. C’est leur quatrième mission sur Marambio. Et comme à chaque fois ils sont arrivés ici en avion. Sur le plateau au dessus de leur campement, il y a une piste où peuvent atterrir des gros porteurs militaires. Une fois le pied sur la piste, lorsqu’ils ont atteint le lieu de leur villégiature, ils doivent monter leur camp composé d’une dizaine de tentes. Ils étaient contents de notre visite, cela les a sorti un peu de leur huis-clos.

Sergio, l’argentin de Buenos Aires se rappelait d’ailleurs de la précédente visite de Tara, c’était en 2005, il y avait à bord des alpinistes.

Après cette rencontre agréable, il était temps pour nous de revenir à bord. Nous avons quitté notre mouillage en milieu d’après-midi pour revenir à Antarctic Sound, ou une nouvelle station, la cinquième depuis notre départ d’Ushuaia aura lieu dans les heures qui viennent. Il est probable d’ailleurs que nous nous arrêtions à un nouveau mouillage ce soir devant la base argentine « Esperança ».

Pour l’instant, la panne du générateur qui alimente le treuil de mise à l’eau n’a pas été résolue. Les coups de fils et les messages électroniques avec la Terre sont nombreux pour essayer d’en trouver l’origine.

Vincent Hilaire