Martin Hertau, capitaine de retour

© Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions

30 octobre 2016

Après plus de quatre mois de navigation et une transatlantique, Samuel Audrain a laissé sa casquette de capitaine à Martin Hertau. Durant toute l’expédition Tara Pacific, les deux marins se relayeront ainsi tous les cinq à six mois à ce poste capital.

Te voilà de retour à bord de Tara. En quoi consiste le poste de capitaine sur Tara ?

Le capitaine gère bien évidemment la navigation, la sécurité et la maintenance du bateau, mais il doit également s’assurer que chacun soit bien à son poste, dans les deux sens du terme : que le travail soit correctement effectué, mais aussi qu’il y ait un réel bien-être à bord. Chacun a un rôle important et le capitaine doit veiller à la cohésion de tout cela, c’est une sorte de chef d’orchestre. Enfin, sur Tara, il y a aussi tout le volet sensibilisation qui est très important. Durant les escales, que ce soit pour les visites, les réceptions ou l’accueil des scolaires, il y a un vrai rôle à jouer et c’est un domaine que je ne connaissais pas du tout, car cela n’a rien à voir avec le métier de marin mais c’est au coeur du projet Tara.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce rôle ?

Ce que j’aime vraiment, c’est la polyvalence, vraiment importante sur ce bateau. Il n’y a pas que la navigation, on participe aussi aux chantiers par exemple. Pour Tara Pacific comme pour d’autres précédentes expéditions, je suis présent dès le début du projet. Sur le chantier en début d’année, nous avons préparé entièrement le bateau pour cette mission, du point de vue maritime bien sûr, mais aussi du côté scientifique : ce bateau est évolutif, nous l’adaptons différemment selon la mission. Enfin, ce qui me plaît avec Tara, c’est l’aura qu’il dégage et que l’on ressent dans beaucoup d’escales. J’ai des souvenirs exceptionnels de l’accueil formidable que l’on nous a fait lors des expéditions précédentes, à Beyrouth, Tanger, Naples, ou encore Saint-Pierre-et-Miquelon : il y a une dimension humaine qui rend le tout encore plus passionnant.

Comment s’est déroulée la passation à Tahiti avec Samuel ?

Après le chantier en début d’année, quand j’ai quitté le bateau, il y avait beaucoup de choses qui avait été très rapidement testées, comme les nouveaux moteurs, comme le mât de charge pour hisser l’annexe. J’ai laissé le bateau avec beaucoup de nouveau matériel, donc c’était important de faire le tour de tout cela avec Samuel : voir comment le matériel s’était comporté pendant ce demi-tour du monde, ce qui avait bien fonctionné, ce qu’il y avait à améliorer… Et puis, nous avons parlé également des protocoles scientifiques, surtout que durant toute l’expédition Samuel et moi participons aussi aux plongées pour aider l’équipe en charge des prélèvements de plancton. C’est tout nouveau pour nous, et même si c’est très intéressant, cela représente aussi plus de travail et de choses à intégrer. Au final, la passation a duré deux jours entiers, et c’était plutôt dense !

 Propos recueillis par Yann Chavance

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