Océanographie

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18 mars 2007

Océanographie

L’étude des formidables masses d’eau situées sous nos pieds, s’appelle l’océanographie. C’est un programme majeur de notre expédition. L’océan est constitué de différentes masses d’eau se déplaçant à différentes vitesses et à différentes profondeurs, que l’on nomme les courants marins.

Ces courants et l’océan en lui-même jouent un rôle prépondérant dans les mécanismes climatiques. Certains courants chauds modifient radicalement le climat d’un lieu, comme le Gulf Stream en Europe qui adoucit nos hivers. Les courants chauds, à l’instar de notre Gulf Stream, partant des tropiques, ont tendance à remonter à la surface (l’eau chaude étant moins dense que l’eau froide) et, arriver dans des régions plus froides, ils vont se refroidir, plonger pour aller se réchauffer à nouveau. La salinité de l’eau modifie également sa densité.

Toute cette mécanique de circulation s’appelle « la circulation thermohaline ».

Ici, à bord de Tara, nous étudions ces courants à l’aide notamment d’une sonde bathymétrique que l’on nomme la « C.T.D. » (Conductivité, Température, Depht pour Profondeur).

Notre « C.T.D. » est donc envoyée tout les deux ou trois jours par plusieurs milliers de mètres de fond et mesure pendant sa descente et sa remontée (à la vitesse immuable de 1 m/s) la température de l’eau, sa pression et sa salinité. La température et la salinité permettent de trouver la densité de l’eau par calcul.

Au final nous obtenons un graphique montrant pour une profondeur donnée, la température et la salinité de l’eau.

De là apparaissent très distinctement des « sauts » de température et de salinité, témoignant du passage d’une masse d’eau à une autre, en d’autres termes d’un courant à un autre. L’évolution de ces masses (en profondeur, en température…) nous donnent une idée du profil océanique sur lequel nous dérivons, lui-même affecté entre autre par le relief sous-marin.

Chaque jour, le trou pratiqué dans la glace pour le passage de la sonde doit être « entretenu » car l’eau regelant en surface tend à le reboucher. Un treuil hydraulique équipé de 4 000m de câble d’un diamètre de 4,5mm permet la descente et la remontée de la sonde. Cette dernière est lestée avec 40kg de poids en fonte afin de s’assurer que les courants ne la fassent pas dévier. Un compteur électronique doublé d’un compteur mécanique permettent de surveiller la progression de la manipulation, qui dure entre 40 minutes et deux heures.

La position du bateau, les heures de début et de fin de manipulations sont consignées. Les données sont téléchargées de la sonde et sont envoyées aux laboratoires en France.

Matthieu, ingénieur à bord du programme DAMOCLES