Partage de la science ou la science du partage

©

29 avril 2011

Partage de la science ou la science du partage

En mer, les chercheurs de Tara Oceans ont pour mission de collecter un maximum d’échantillons couplés à des données océanographiques, afin d’enrichir ensuite leurs connaissances et celles de la communauté scientifique sur la vie des micro-organismes marins. A terre, l’équipe de Tara a un tout autre « devoir » et non le moindre, un devoir de sensibilisation auprès du grand public et de partage des savoirs sur le monde sous-marin et son importance dans l’équilibre de la planète Terre.

Alors comme à chaque escale, Guayaquil (Equateur) fut le lieu de nombreuses visites et de nombreux échanges avec la population locale. Partager sa science requiert parfois une certaine science ou du moins une certaine prédisposition au partage.

Depuis le début de l’escale, Montserrat Coll-Llado (Institut de Ciences del Mar), jeune doctorante catalane, a du répondre aux questions de plus d’une trentaine de journalistes. Presse écrite, télévision, la jeune barcelonaise fut sollicitée de toutes parts, puisqu’elle se révèle être la seule hispanophone du bord. « Je ne pensais pas que ce serait aussi intense, mais c’est important de communiquer sur le projet, et pour moi c’est avec plaisir que j’explique mon travail sur Tara. » Pour un magazine télévisé de la chaine Ecuavisa, diffusé non seulement en Equateur mais aussi aux Etats-Unis et en Espagne, Montserrat a du reproduire devant la caméra les mêmes gestes qu’elle effectue habituellement en station scientifique.

Auprès de deux cents élèves équatoriens défilant sur le pont par groupe de dix, elle a ensuite répété les explications sur les différents instruments du laboratoire humide. L’apogée de sa mission de communication se déroula dans la plus grande salle de conférence de Guayaquil. Devant plus de deux mille spectateurs, Montserrat a présenté le programme de recherche sur les virus et les bactéries de Tara Oceans. Avant elle, Stéphane Pesant et Christian Sardet, deux chefs scientifiques de Tara Oceans, avaient exposé leur travail devant la jeune assemblée.

Si Montserrat fut particulièrement sollicitée par les médias, il n’en demeure pas moins que les autres scientifiques ont eux aussi donné de leur temps et de leur énergie pour faire connaître leur travail. Malgré la barrière de la langue Sarah Searson, Gabriella Gilkes, Céline Dimier ont respectivement expliqué le fonctionnement de la rosette, des instruments du laboratoire sec et du stockage des échantillons dans le pic avant du navire. « Comme lors des visites à Valparaiso (Chili), le challenge était de se faire comprendre en espagnol alors que je ne connais que très peu cette langue. Mais cette fois-ci ce fut beaucoup plus simple car à présent j’ai deux mois d’expérience à bord ! », avoue Gabriella Gilkes, une scientifique anglaise du laboratoire de Plymouth embarquée au Chili et débarquant à Guayaquil après deux mois d’expédition. Sophie Marinesque, sa future remplaçante à bord, lui a aussi prêté main forte durant ce marathon des visites.

Quelques mots d’espagnol, quelques gestes avec les mains, une grande expérience à bord mais aussi et surtout l’envie de partager, voici les ingrédients de Sarah pour assurer la visite de la goélette face aux élèves des différentes écoles de Guayaquil. Alors même si les jeunes collégiennes en robes blanches et en chaussures à talon ont du retirer leurs souliers et parfois tremblé un peu sur la coupée pour embarquer et débarquer de Tara, il n’en demeure pas moins que toutes ont quitté le quai du Malecon 2000 le sourire aux lèvres et des étoiles dans les yeux. « C’est toujours avec enthousiasme que je présente aux écoliers la rosette et les différents filets à plancton, mais les étudiants de Guayaquil étaient particulièrement curieux, intéressés et polis, alors ça été un vrai plaisir ! » déclare Sarah.

Dans cette mission de communication, les marins ne sont pas en reste, et les articles publiés dans les journaux dès le lendemain matin de la conférence de presse en témoignent. Daniel, chef mécanicien de Tara, était la vedette de nombreuses publications. Avec étonnement et amusement, l’équipage a parfois découvert que la légende sous les photos avait fait de notre marin, un vrai scientifique !

Anna Deniaud@font-face {
font-family: “Cambria”;
}p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: “Times New Roman”; }div.Section1 { page: Section1; }