Permis d’échantillonnage et ajustement de terrain

© Noëlie Pansiot / Tara Expeditions Foundation

16 janvier 2018

C’est à Malakal, dans l’Etat de Koror, à Palaos que les Taranautes ont célébré le passage à la nouvelle année, lors d’une douce soirée tropicale. Très vite, l’équipage s’est remis au travail afin d’obtenir les derniers papiers nécessaires à l’échantillonnage. Appuyés par l’équipe à terre, Ryan McMinds, chef scientifique du transect actuel et Samuel Audrain, capitaine, ont essayé de démêler un marasme administratif pour obtenir les sacro-saintes autorisations de prélèvement. Explications du capitaine.

 

Pourriez-vous nous expliquer comment se déroulent les procédures de demande d’autorisations d’échantillonnage ?

L’équipe à terre, basée à Paris, travaille très dur pour obtenir toutes les autorisations nécessaires au passage de Tara, en amont. Mais, dans de nombreuses régions du monde et plus particulièrement ici, dans les petites îles du Pacifique Sud-Est, les démarches à distance ne sont pas suffisantes. Souvent, tant que la goélette n’est pas sur place, ces démarches ont du mal à aboutir. Si on prend l’exemple de ce qui vient de se passer à Palaos au cours des derniers jours, on se rend compte qu’il est nécessaire de rencontrer les acteurs locaux pour obtenir les permis. Pourtant, la Fondation Tara nourrit d’excellents contacts à l’échelon national, notamment avec le Président Tommy Remengesau, qui devrait nous rendre visite à bord d’ici quelques jours. Mais cela n’a pas suffi…

 

Pouvez-vous nous en dire plus ?

La République de Palaos comprend 16 Etats dirigés par différents gouverneurs. Suite a un blocage administratif, nous n’avons pas encore obtenu les autorisations nécessaires pour échantillonner dans l’Etat de Koror. Nous avons donc mis en place des plans B et C et nous nous sommes adressés à l’Etat de Ngarchelong qui nous a rapidement délivré des permis. Du côté de Koror, la situation est encore bloquée, mais nous gardons espoir. L’actuel gouverneur doit quitter ses fonctions d’ici quelques jours. Le projet Tara Pacific n’est peut-être pas sa priorité du moment.

 

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Arrivée de Tara à Koror – © Guillaume Bourdin / Fondation Tara Expéditions

 

La flexibilité constitue l’une des forces du projet Tara…

Oui, en seulement quelques heures nous pouvons revoir nos plans. Ce genre de petits blocages nous complique parfois un peu la vie à bord, mais c’est aussi ce qui rend le projet intéressant. Nous sommes en expédition, ce qui signifie que les procédures que nous rencontrons ne nous sont pas familières. Nous arrivons dans des pays, comme au Japon, où le concept de ce type d’expédition n’est pas concevable. Les Japonais n’avaient encore jamais travaillé avec un bateau scientifique appartenant à une Fondation reconnue d’intérêt général. De surcroit un voilier océanographique qui réalise des recherches de haut niveau et qui accueille des journalistes, des artistes de différentes nationalités et du public. Il a donc fallu échanger, expliquer le projet… Dans chaque pays, nous devons comprendre le fonctionnement local et nous réadapter. Je repense à notre arrivée à Fidji, où nous avons obtenu les permis seulement quelques heures avant le début du transect. Ou encore en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où nous avons dû demander les autorisations auprès de chaque communauté.

 

L’Indonésie est l’un des rares endroits où Tara n’a pas obtenu les permis nécessaires…

Lorsque la situation ne se débloque pas, j’ai le sentiment que c’est parce que le projet n’a pas été compris. Certains pays sont habitués à voir passer des bateaux de recherche ou de pêche et ils craignent que leurs ressources ne soient pillées. Peut-être parce que c’est déjà arrivé dans le passé. Expliquer notre projet et son éthique nécessite du temps et des rencontres. Et nous manquons parfois d’un peu de temps pour nous présenter et échanger.

Noëlie Pansiot