Portrait d’un apprenti aventurier

© Mare Nostrum Project

15 avril 2015

Louis Willmote est apprenti électricien et légionnaire de l’humour. Les Taranautes ne tarissent pas d’éloges sur ce jeune aventurier et les compliments fusent à chaque fois qu’on évoque son nom. Avec son petit côté loufoque et attachant, il est vrai que le jeune Louis anime l’ambiance du bateau. Portrait d’un apprenti aventurier.

25 ans, un faux air de Gad Elmaleh, l’apprenti de Tara embarquait la première fois il y a maintenant 3 ans, de Bretagne à destination de l’Irlande. Et c’est grâce à sa persévérance qu’il a pu intégrer l’équipe : « J’avais vu le bateau rentrer de son expédition Tara Arctic en 2008, à Lorient. J’avais 17 ans et je venais à peine de commencer mes  études techniques. J’ai envoyé mon CV à maintes reprises avant d’être pris en stage à bord. Finalement, lorsque la goélette est revenue de Tara Oceans, en 2012, on m’a contacté pour travailler sur le chantier. » Aujourd’hui, Louis partage son temps entre ses cours à l’IUT de Nice et son investissement à bord. Et le jeune homme bouillonne d’idées concernant les énergies renouvelables à mettre en place sur le voilier.
Lorsqu’il ne suit pas le fil rouge du circuit électrique de Tara, il part à l’aventure. Inspiré par Kim Hafez, Sylvain Tesson ou Alexandre Poussin, il met tout en œuvre pour ne pas être un lecteur passif. « J’ai lu beaucoup de récits d’aventuriers, confie-t-il, des gens qui ont réalisé des choses extraordinaires. Et puis un jour la lecture ne suffit plus et il faut se dire pourquoi pas moi ! » Voilà comment Louis et son ami Douglas ont imaginé le projet « Mare Nostrum », un périple d’un an et quatre mois en Méditerranée pour relier Gibraltar à Istanbul en kayak.

En mai 2013, le jeune électricien embarque à bord de Tara Oceans et effectue une traversée jusqu’à Tromsø, en Norvège. Trois semaines plus tard, il se rend à Gibraltar pour Mare Nostrum. Un projet qui a d’abord pris forme sur une banale feuille de papier avant de se concrétiser sur l’eau un an et demi de préparation plus tard. Et les 12 mois de traversée se sont transformés en 15 mois d’aventure, grâce à l’appui financier de la Sorbonne et de la DCNS.
10 000 km ont été parcourus à la force des bras, en toutes saisons : « un engagement physique intéressant. » Louis n’en était pas à son coup d’essai, il avait traversé la France en kayak en 2009 de Brest à Collioure.
Inspirés par Tara, les deux rameurs ont effectué des prélèvements pour l’Université de Toulon et l’Observatoire de Villefranche-sur-Mer ; ils ont communiqué avec des écoliers. « Au début tu pars de rien : ce sont deux étudiants qui ont un projet, puis tu rencontres des gens intéressés. Finalement, tu décroches ton premier partenariat grâce à certains rêveurs qui te tendent la main. »

Pour Louis, une aventure en chasse une autre. Entre son arrivée à Istanbul en kayak et son dernier embarquement à bord de Tara en octobre dernier, seulement trois petites semaines se sont écoulées. Malgré le confort relatif à bord, après 15 mois de camping Louis était heureux d’être au chaud, d’enfiler des chaussettes propres chaque matin et de se faire chouchouter par Dominique, sa cuisinière de cœur. L’apprenti se réjouissait de lâcher les rames pour réaliser des choses concrètes à l’aide de ses mains et de retourner aux études pour apprendre. Lucide, Louis sait que d’autres épopées l’attendent : « Lorsque j’aurai bien profité de la chaleur humaine, que j’aurai à nouveau bien mangé et que j’en aurai assez de l’école,  il sera temps pour moi de retourner à des choses plus folles. » Pour le Taranaute, l’aventure est un virus qui démange…

Noëlie Pansiot

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