POURQUOI LA PROTECTION DE L’OCEAN DOIT TRIOMPHER à RIO+20

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8 juin 2012

Des scientifiques et des groupes environnementaux sont porteurs d’un message fort à Rio : la bonne santé des océans est vitale pour l’écosystème de la Terre, et nous avons déjà perdu trop de temps. Ils insistent sur le fait que le monde doit saisir cette occasion unique d’agir de façon coordonnée pour  assurer l’avenir des milliards de personnes dont la vie dépend directement de l’océan, et pour éviter une catastrophe. L’économie verte tant recherchée à Rio doit forcément inclure une bonne dose de bleu.

Des scientifiques et des conseillers politiques, ainsi que des militants et des spécialistes dans des domaines maritimes divers, ont uni leurs efforts à Rio+20 pour faire passer leur message sur l’Océan au moyen d’une plateforme multimédia. Pour en savoir plus sur ces questions et suivre toutes les nouvelles : www.oceansinc.org

Ce que Rio+20 peut faire pour l’Océan

Contrairement à la situation qui existait il y a 20 ans, l’Océan est l’une des principales priorités au Sommet de la Terre 2012, et le projet de document final comporte des éléments prometteurs. Toutefois, les experts appellent à prendre des engagements encore plus fermes pour assurer que la déclaration finale trace une voie vers “l’Avenir que nous souhaitons” pour l’océan. Les points clés que nous souhaitons voir ajoutés ou/ maintenus comme résultat de Rio +20 sont les suivants :

- Prendre l’engagement de négocier un nouvel accord pour la mise en œuvre de l’UNCLOS afin d’assurer la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones au-delà des juridictions nationales — les hautes mers. Cela devrait porter notamment sur la mise en place de Zones de Protection Marines (y compris de réserves marines totalement protégées) qui couvrent aujourd’hui moins de 1% de l’océan.

- Confirmer des objectifs pour 2012 adoptés lors du Sommet de la Terre 2002 à Johannesburg : la restauration des stocks halieutiques à des niveaux durables, d’ici à 2015; l’élimination des subventions néfastes qui contribuent à la surpêche, d’ici à 2020.

- Prendre un engagement fort pour s’attaquer à la pêche illicite, non-déclarée et non-réglementée (pêche INN) y compris la désignation comme illégale de toute pêche-de-fond en haute mer en violation des résolutions internationales. La pêche illégale doit être explicitement reconnue comme une activité criminelle, et traitée en conséquence.

- Reconnaitre spécifiquement les menaces croissantes que representent l’acidification des océans, le réchauffement des océans, et l’élévation du niveau de la mer — et de leur cause directe, l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère — et la nécessité urgente d’une action concertée pour les surveiller et les combattre.

- Prendre l’engagement de renforcer les institutions et les stratégies qui encouragent la gestion durable des ressources océaniques à toutes les échelles, du local au mondial.

Déclarations à propos de Rio+20 de la part de scientifiques et d’experts :

Dr. Susan Lieberman, Directrice du planning international au Pew Environment Group: 
“Nous ne pouvons pas avoir une planète durable ou un développement durable si nous n’avons pas un Océan sain. Il est temps de mettre davantage l’accent et la priorité sur les océans, du point de vue de l’environnement, et des besoins d’une population humaine croissante.
Il s’agit d’une conférence de l’ONU au plus haut niveau, ce qui signifie que les résultats seront rapportés directement à l’Assemblée Générale des Nations Unies, où tous les gouvernements seront présents. Je ne pense pas que les dirigeants – chefs d’état et de gouvernement – voudront discuter et s’accorder sur un document qui ignore les deux-tiers de notre planète, c’est à dire l’Océan.
Nous ne pouvons pas continuer d’exploiter les ressources de l’Océan à des niveaux insoutenables et  espérer que tout va rebondir. Ca ne va pas rebondir si aucune mesure n’est prise pour endiguer la marée.”

Professeur Alex Rogers, Programme international sur l’état de l’océan (IPSO), Directeur scientifique, et Fellow de Somerville College, Université d’Oxford :
“Le tout premier Sommet de la Terre en 1982, son successeur et les réunions subséquents, ont fixé des objectifs concernant la durabilité des activités humaines, et les niveaux de protection nécessaires pour sauvegarder les océans, mais ces objectifs n’ont jamais été atteints. Considérant ces promesses vides, il est évident que les océans n’ont bénéficié que d’une faible priorité aux Sommets de la Terre de Rio. Nous espérons que cette fois les principaux décideurs internationaux reconnaîtront les droits propres de l’Océan, et adopteront l’attitude d’urgence que nos scientifiques considèrent justifié.”

Kristina M. Gjerde, Conseillère principale (hauts mers) pour la Programme globale marine et polaire à l’UICN :
“Sans un cadre juridique et institutionnel mis en place pour veiller à ce que les zones de haute mer soient efficacement protégés, l’Océan – essentiel à la vie terrestre – devra faire face à une dégradation continue et une exploitation non durable, mettant en péril ses fonctions dans l’ecosystème – functions   essentielles pour les générations actuelles et futures. Les états réunis à Rio+20 doivent se mettre d’accord pour prendre des mesures urgentes afin de conserver et protéger ces zones de haute mer qui constituent la majorité de l’océan”.

Matthew Gianni, co-fondateur de la Deep Sea Conservation Coalition :
“Avec l’épuisement des stocks de poissons côtiers et en haute mer au cours des dernières décennies, les flottes de pêche industrielles explorent de plus en plus l’océan profond à la recherche de nouvelles opportunités. La pêche hauturière est donc la plus grande menace pour les écosystèmes d’eau profonde et d’environ 95% des captures en haute mer viennent de la pêche avec des chaluts de fond. Rio+20 est une occasion cruciale pour renforcer les interdictions sur cette pratique une fois pour toutes.”