Première escale pour Tara en Norvège

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14 juin 2013

 Une dizaine de jours après son départ de Lorient, Tara a atteint ce jeudi matin sa première escale : les îles Féroé*. Une courte parenthèse au milieu des fjords, des oiseaux marins et des moutons avant de reprendre le large pour de nouvelles stations de prélèvement, toujours plus au Nord.

Depuis la première station longue en fin de semaine dernière, les choses s’étaient quelque peu précipitées. Une forte dépression avançant droit sur nous, l’équipage avait dû mettre les voiles sans traîner. Quelques heures après la fin de la station, les vents commençaient déjà à gonfler. Pendant 48 heures, entre les vagues formant des creux de quatre à cinq mètres et les rafales soufflant à 45 nœuds, il n’était plus question de faire de la science sur le pont. Cependant, ce gros grain a aussi eu un avantage : gonfler les voiles de Tara. Très rapidement, la goélette a ainsi pu sortir de la zone de dépression et surtout, prendre de l’avance au programme ! Au final, c’est donc avec un jour d’avance que nous voyons apparaître à l’horizon les îles Féroé. De quoi passer un peu plus de temps à Tórshavn, la capitale de ce petit archipel perdu entre l’Irlande et l’Islande.

Ainsi, dès six heures ce jeudi matin, l’équipage se pressait sur le pont pour admirer les hautes falaises de l’archipel. Hier soir déjà, le contour des îles se découpait péniblement à l’horizon. Alors que le beau temps nous avait inondé de soleil toute la journée, une chape de brume nous était tombée dessus en quelques minutes, comme annonçant l’approche de ces terres rudes. Bien que les brumes se soient dissipées au lever du jour, les falaises noires, l’absence d’arbre, la végétation rase recouvrant tout de sa couleur brune, tout ici rend l’image d’une terre brute, rude. Et les quelques notes de Vivaldi sortant des haut-parleurs de la timonerie ne font que renforcer cette impression. En approchant de la minuscule capitale, les falaises se font moins abruptes et les maisons colorées de rouge, jaune ou vert renvoient une image plus douce de ce territoire que nous allons pouvoir découvrir pendant presque deux jours.

Cette parenthèse féringienne sera en effet de courte durée, malgré l’avance prise au programme. A peine le temps d’entrapercevoir la culture féringienne, de faire quelques balades entre les oiseaux de mer, le temps également de dire au revoir à Lucie Bitner, qui laisse ici sa place à Agnès Rougier, journaliste à RFI, et l’heure du départ aura déjà sonné. Dès demain soir, nous larguerons les amarres pour reprendre la mission scientifique de l’expédition, avec déjà deux stations longues prévues avant notre prochaine escale, Tromsø, au nord de la Norvège. Durant ces deux semaines en mer, Tara passera un cap symbolique pour cette expédition : le cercle polaire arctique.

Yann Chavance

* Les îles Féroé sont un archipel situé entre la mer de Norvège et l’océan Atlantique, à mi-chemin entre l’Écosse et l’Islande. Elles forment un pays constitutif du royaume du Danemark, avec le Danemark et le Groenland et couvrent 1 400 km2 pour une population en 2010 de presque 50 000 habitants.