Quart de nuit

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26 février 2010

Minuit moins dix, on me réveille gentiment, il est l’heure de se lever pour prendre la relève des collègues parfois pressés d’aller dormir. Quelques minutes plus tard, les yeux encore plein de sommeil tu retrouves ton coéquipier de quart en passerelle. Une petite boisson fraiche, un casse croute, chacun son truc pour relancer la machine en pleine nuit et être opérationnel rapidement.

J.Girardot/Tara Expéditions. Quart de nuit au milieu d'un bloom planctonique en Mer d'Oman.

J.Girardot/Tara Expéditions. Quart de nuit au milieu d’un bloom planctonique en Mer d’Oman.

5 minutes de passation avec l’ancienne équipe et c’est parti pour 4h à surveiller la bonne marche du navire.

La passerelle n’est pas allumée, seuls les instruments sont visibles: radar, GPS, VHF, sondeur, carte électronique… Un coup d’œil rapide sur les équipements du bord, tout va bien, nous filons à 7 nœuds sur une mer plutôt calme, pas de navires sur le radar pour l’instant. La matinée commence calmement.

Bientôt une heure du matin, il est temps d’aller faire une ronde en salle des machines, vérifier que tout fonctionne bien: contrôle des températures, coup d’œil sur les zones sensibles, vérification de la charge du parc de batteries. Aie, je trouve une température sur le carter du moteur tribord un peu élevée, pour lever le doute on réveille le chef mécanicien dans la nuit. Plus de peur que de mal, novice je me suis trop inquiété, je préfère tout de même ça que l’inverse… Je m’excuse pour le réveil. Je sais que les heures de sommeil sont précieuses en mer.

Les heures défilent, les milles parcourus et les rondes à la machine aussi.

3h50, il est temps de réveiller l’équipe suivante, je me faufile dans les coursives sombres, lampe frontale sur la tête pour aller sortir du sommeil mes camarades. Petite passation: pas beaucoup de trafic dans la zone, rien à signaler du côté de la machine, le livre de bord est bien rempli. Il est l’heure de retourner dans sa bannette, terminer sa nuit en toute confiance car le relais est pris. Tara continue sa route, se frayant un chemin dans la nuit étoilée des tropiques.

Mathieu Oriot
Marin polyvalent pont et machine