Québec devant l’étrave

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12 novembre 2013

Après 24 heures d’escale à Tadoussac, nous levons l’ancre ce samedi en milieu d’après midi. Pendant cette journée au mouillage, les quatorze Taranautes en ont profité pour marcher, visiter, en un mot « sortir » du bateau. Québec, la capitale de la province de Québec, n’est plus qu’à 200 kilomètres de nous. Nous y serons demain en début de matinée.

Tadoussac, 800 habitants en hiver et plus de 3 000 en été, c’est une station balnéaire hors-saison que nous avons découvert vendredi dernier en arrivant de nuit dans cette anse. Le lendemain matin à la faveur d’une belle météo, nous avons profité de cet ultime « stop » avant Québec pour nous dégourdir les jambes, faire quelques emplettes, prendre quelques photos, manger à terre.
Nous avons marché par petits groupes dans une petite cité calme et endormie, où les habitants coulent des journées tranquilles, loin du tumulte des grandes villes pourtant proches. Des rues propres, un grand hôtel fermé au charme un peu désuet, quelques pick up passants au ralenti.

Ce samedi, plusieurs habitants du village rencontrés lors de ces sorties sont venus visiter Tara, nous préparant ainsi à la très proche escale de Québec et toutes ces rencontres qui nous attendent.

Ce soir, Tara avance dans la nuit sur une eau « comme un lac ». Dans le carré les uns et les autres profitent de ces derniers instants pour parler ou se reposer dans leurs cabines avant les quarts. Dernière nuit en mer pour certains, derniers miles de cette aventure commencée avec cet équipage à Ilulissat, au Groenland.
Dans la timonerie, nous n’avions plus vu autant de lumières sur la côte depuis Pevek (Fédération de Russie), il y a deux mois lors de mon embarquement. Cette remontée du Saint Laurent avec de chaque côté, sur chaque rive, ces milliers de lumières orangées a quelque chose de féérique.

C’est aussi le synonyme pour nous d’un retour à la civilisation après un voyage dans des contrées où seuls quelques ours essaient de subsister sur des « glaçons » à la dérive.
Ce sera un choc demain c’est sûr, lorsque nous serons amarrés dans le port de commerce au Bassin Louise à Québec au milieu de 512.000 autres êtres humains. Mais l’atterrissage a commencé en douceur à Tadoussac !

Vincent Hilaire