Requins baleines : la quête continue

© Tara Expeditions Foundation

8 août 2016

A mi-parcours de cette semaine un peu spéciale autour de l’île de Malpelo, à tenter de localiser puis marquer des requins baleines, la motivation de l’équipe ne faiblit pas : si les géants de l’île restent pour l’heure inaperçus, tout le monde veut encore y croire.

Depuis l’arrivée de Tara dans le Sanctuaire de faune et flore de Malpelo, une certaine effervescence ne quitte plus le bord. Chaque matin, dès sept heures, le petit déjeuner est vite englouti, pour rejoindre au plus vite le pont arrière de Tara, la plateforme des opérations. Les deux équipes – trois plongeurs pour le corail, trois pour les requins – se croisent continuellement pour ici charger une bouteille de plongée, là vérifier une caméra sous-marine. Les deux annexes pneumatiques se remplissent de passagers avant de filer vers des spots de plongée aux noms évocateurs, comme l’Acuario, un des sites les plus grouillants de vie, entre requins marteaux et poissons multicolores.

 

 Plongeurs MalpeloL’équipe en charge du marquage des requins baleines s’apprête à plonger – © Fondation Tara Expéditions

 

L’équipe chargée du marquage des requins baleines, emmenée par la fondatrice de la Fondation Malpelo Sandra Bessudo, plonge munie de perches permettant de récupérer un petit morceau de peau pour les analyses génétiques, ainsi que d’un fusil sous-marins spécialement adaptés pour planter à distance le petit boitier GPS juste sous la nageoire dorsale des grands squales. Durant toute la plongée, les deux marins chargés de la sécurité depuis l’annexe en surface scrutent les flots afin de suivre les bulles signalant la présence des plongeurs. En cas de problème, il faut réagir vite. Surtout quand s’enchaînent, avec la rotation des équipes, jusqu’à quatre plongées par jour.

 

PAT Tag-1Tane Sinclair Taylor (biologiste marin, Kaust) installe le boitier GPS sur un harpon modifié – © Yann Chavance/Fondation Tara Expéditions

 

« Plus on passe du temps sous l’eau, plus on a de possibilités de voir les requins baleines » rappelle Sandra Bessudo. « Ce ne sont pas des animaux statiques, ils bougent tout le temps, donc il faut être sous l’eau et simplement attendre pour avoir la chance de voir l’animal passer ». Pour la directrice de la Fondation Malpelo, qui a déjà marqué ces derniers mois 12 requins baleines, il ne faut pas cesser d’y croire. « C’est la bonne période, à Malpelo les requins baleines commencent à arriver au mois de mai et repartent vers octobre ou novembre, donc ils sont là, c’est certain. Maintenant, c’est une question de chance, on ne peut jamais être sûr de réussir, mais il faut continuer ». Un enthousiasme que tout le monde, ici, espère bientôt récompensé.

Yann Chavance

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