Tara au chantier à San Diego

©

15 novembre 2011

Cela faisait longtemps que Tara n’avait pas mis sa longue carcasse au sec… (le dernier arrêt technique remonte à l’été 2010) Le séjour dans le Pacifique et ses îles enchantées a laissé, malgré tout, quelques traces sérieuses (voiles déchirées, un moteur hors service…). Cela mérite bien un arrêt au stand. Il est temps de faire plus qu’une toilette de principe…

Nous nous retrouvons entre marins. A nous, la vie rude des quais de chantiers, le café brûlant qu’on avale sur le pouce, les mains continuellement noires et le sourire du conducteur de grue ! A nous tout le bazar indescriptible qu’engendre de fouiller les entrailles de Tara ! Le changement du moteur bâbord nous réserve certainement quelques surprises… On s’attend à en découdre…

Ca y est, Tara est hors d’eau. Les ouvriers du chantier finissent de l’épontiller soigneusement. Nous remontons dès que possible sur son dos et nous emparons la liste copieuse des travaux… Vu la longueur, on s’y colle sans tarder !

L’ouverture du plancher du carré, coté cuisine, nous est destiné, à François Aurat et moi. François est un méridional fonceur. De nature courageuse, il aime l’action et le travail rondement menés.

Nous avançons au plus vite sur tout ce qu’on peut. Au bout de quelques jours, le plancher du carré est démonté, la tôle découpée, et le moteur, désaccouplé, ‘‘s’envole’’ pour être amené sur le quai, à la grande satisfaction du chef mécanicien… Le trou, malgré tout, ne semble pas très large et nous laisse rêveur pour l’installation du nouveau moteur.

La baleine retentit de mille et un bruits, plus incongrus les uns que les autres. Visseuses, taraudeuses, perceuses, marteaux, ils sont tous de sortie ! On déjeune en vingt minutes d’un mauvais sandwich bourré de ketchup ou de moutarde, et c’est reparti ! Les ouvriers du chantier, plus placides et moins fébriles, nous regardent vivre et travailler d’arrache-pied. Parfois, ils nous sourient et nous aident souvent. Personne ne veut lâcher le rythme. Il faut gérer la fatigue. Le dernier debout aura raison !

Nous sommes sur les quais, un univers que je connais bien. Amérique ou pas, le chantier n’a rapidement plus de secret. Et les travaux avancent…

Bientôt la mer… Ces périodes à terre ne sont jamais les plus agréables pour le marin. Il perd ses repères : le quart, les repas à l’heure, la routine qu’impose la vie sur l’océan n’a rien a voir. Une fois la journée terminée, il nous faut rentrer à l’hôtel, nous débarrasser de la crasse accumulée. Suit un moment de détente, où on se retrouve chez les uns ou les autres, quelques bières circulent. Souvent, les discussions tournent autour de la remise à l’eau. Mais il est temps de chercher un endroit où dîner. Les restaurants un peu glauques de cette banlieue nous accueillent bien volontiers. Le repas avalé, personne ne traîne trop vers les bars avoisinants, il faut tenir le rythme et demain verra son lot de corvées.

Bientôt la remise en eau et le retour vers les océans et la chasse aux planctons !
Nous n’avons que cela en tête !!!

Alain Giese