Tara change de place

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2 juin 2009

Tara change de place

Lundi matin, la grue de levage du port de pêche vient soulever les 110 tonnes de Tara, pour aller, après une savante manœuvre, se mettre devant la « cathédrale » à deux pas des chantiers Timolor. Le bateau est calé sur les tins par les grutiers de la zone technique, les quilles remontées. Tara est positionné plus bas qu’auparavant, et afin d’assurer sa stabilité, quatre épontilles sont placées de chaque côté du bateau.

Tara semble petit comparé aux volumes incroyables du bâtiment surnommé «la cathédrale». Héritage du passé de la construction maritime française, ce bâtiment a vu de nombreux bateaux se construire. A l’intérieur, sur les murs emprunts d’histoire, les noms des unités réalisées dans ces murs sont inscrits en lettres érodées par le temps.

Une fois le bateau calé, le travail reprend à bord. Après la fin des soudures dans certaines parties du bateau, il est temps de remonter les aménagements et les installations électriques ainsi que les groupes électrogènes. Ce n’est pas la partie la plus facile car il faut souvent réadapter, modifier. En même temps, avec les beaux jours de juin, nous commençons à préparer les peintures extérieures et celles du pont. Une attention particulière va être mise pour le pont avec une bonne peinture antidérapante faite avec un mélange de peinture et de sable calibré.

A l’intérieur aussi, les travaux vont bon train. Dans la bibliothèque le plancher a été refait et la salle de communication va être réaménagée. En navigation, cet endroit du bateau est un point névralgique pour la marche du navire car c’est non seulement le lieu de la communication avec le monde mais aussi le lieu de centralisation des données scientifiques. De nouveaux aménagements vont  permettre aux équipes de cameramen et de journalistes de pouvoir monter des sujets à bord afin qu’ils soient envoyés pour diffusion. Pour garder cette pièce, où se trouve beaucoup de matériel informatique, à bonne température, un système de forçage de l’air va être  mis en place.

Petit à petit, Tara reprend ses allures de voilier d’expédition. Comme lors des 3 chantiers précédents, c’est une course contre le temps qui vient de s’engager pour être prêt pour les essais prévus à la mi juillet.
Daniel et Jean-Luc connaissent bien ce genre de défi puisque cela fait de nombreuses fois qu’ils travaillent à mettre en œuvre les tâches des soudeurs et des métalliers de la société Timolor à bord de Tara lors de ses arrêts techniques. Pour eux, ce sera le dernier chantier car après plus de trente ans de service dans l’industrie de la construction navale, l’heure de la retraite est arrivée. Merci à eux pour le travail qu’ils ont réalisé à bord. Malgré les conditions parfois difficiles, leur gentillesse et leur sourire ont toujours été de mise.

Hervé Bourmaud, capitaine de Tara