Tara dans la tempête.

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12 octobre 2009

Tara dans la tempête.

Nous sommes au large de la Corse, à l’ouest d’Ajaccio et nous essuyons notre premier coup de vent fort depuis le départ de Lorient, il y a 6 semaines. Le temps est beau, le soleil brille, mais le vent s’est établi à 60 nœuds (110 km/h) avec des rafales à 70 (130 km/h). Force 10 sur l’échelle de Beaufort.

Pas le temps de prendre le petit-déjeuner, il faut aller régler les voiles sur le pont. Gilet de sauvetage pour tout le monde. On manœuvre tant bien que mal en accrochant sa longe aux anneaux du pont ou aux manilles pour ne pas être emporté par les épais paquets de mer qui traversent le pont.
La houle déferle, longue et moutonneuse, dans le flanc du bateau. Nous poursuivons notre route imperturbablement vers la prochaine station de prélèvements, à l’ouest de la Sardaigne.
De temps à autres, une vague plus grosse que les autres vient s’écraser sur les verrières du carré. Quelques personnes s’aèrent, sagement assises dehors sur les banquettes à l’arrière du cockpit. Clément, le nouveau cameraman du bord, filme Hervé le capitaine. SPLASSHH.
Une énorme lame déborde la coque de Tara, envahit le pont et s’abat sur le précieux matériel vidéo. Marion la cuisinière se jette en avant pour tenter de le protéger un peu. Le paquet de mer la frappe et son gilet de sauvetage se déclenche sous le choc. La caméra est trempée et la vague poursuit son chemin vers l’intérieur du bateau, gagnant la descente de l’échelle.

Il n’y a rien à faire avec un temps comme ça. Seulement attendre. Attendre que le vent se calme et que la houle se lisse. Attendre en espérant que les conditions s’améliorent pour notre station d’échantillonnage demain.

Sacha Bollet

CETTE SEMAINE : NICE-BIZERTE

L’intérêt scientifique :

3 stations sont prévues cette semaine. La première se déroulera au large de Nice, en parallèle avec le navire océanographique Tethys. Nous allons échantillonner au-dessus d’un point appelé DYFAMED (Dynamique des Flux de Matière en Méditerranée), où des prélèvements sont réalisés 1 fois par mois depuis 20 ans. Nous pourrons ainsi comparer les données de Tara avec celles qui existent déjà.
Une deuxième station est programmée à l’ouest de la Sardaigne, dans un grand tourbillon. Là encore, le CNRS possède des chiffres de comparaison. Les derniers datent de juillet 2008. En revanche, aucune analyse génomique n’a encore été effectuée à cet endroit-là.
Enfin la communauté scientifique possède bien peu d’information sur le 3ème et dernier point de prélèvement, entre la Sardaigne et la Tunisie. C’est la première fois qu’une batterie d’appareils comme ceux de Tara est plongée dans cette zone. 

En parallèle de ce programme de prélèvement et de filtration, cette semaine servira de test et de calibration pour la rosette, la nouvelle plateforme de capteurs que nous avons embarquée à Nice. Après deux journées d’essai en mer, nous savons que les machines marchent, il faut maintenant vérifier que leurs relevés sont précis et recoupés par des prélèvements et des analyses humaines. Par exemple, des capteurs mesurent l’oxygène sur la rosette, mais nous allons également l’analyser à la main dans l’eau recueillie pour vérifier que les chiffres concordent.

14 personnes à bord

SCIENTIFIQUES :
- Marc Picheral. Responsable scientifique
- Uros Krzic (Slovénie). Imagerie et filtration zooplancton
- Floriane Desprez de Gesincourt. Filtration bactéries et virus
- Sara Searson (Nouvelle-Zélande). Ingénieur océanographe
- Margaux Carmichaël. Filtration du phytoplancton

MARINS :
-    Hervé Bourmaud. Capitaine.
-    Samuel Audrain. Second capitaine.
-    Julien Daniel. Chef mécanicien.
-    Mike Lunn. (Nouvelle-Zélande). Officier de pont.
-    Marion Lauters. Cuisine.

MEDIAS:
-    Anne Gouraud. Chroniqueuse Thalassa
-    Clément Gargoullaud. Cameraman
-    Mathieu Bretaud. Monteur
-    Sacha Bollet. Journal de bord