Tara, en attendant le vent du nord

© N.Pansiot/Tara Expéditions

7 août 2015

Alors que Tara navigue vers Kong Oscar Fjord (Groenland), la mission Tara-Ecopolaris s’achève. Il va falloir se frayer un chemin, lentement, entre les glaces. Descendu de la timonerie, le capitaine Martin Hertau fait part de la situation : « Nous sommes entourés par des plaques de glace assez denses. Nous allons passer la nuit sur place ! ».

La progression doit être lente et prudente. Les marins effectueront des quarts pour veiller à ce que le bateau ne se fasse pas prendre par les glaces, il faut donc être prêt à partir. Après 14 heures de repos, les moteurs vrombissent à nouveau, Tara rejoint son dernier mouillage, la base militaire danoise de Mesters Vig avant de choisir une autre voie.

N.Pansiot/Tara Expéditions

N.Pansiot/Tara Expéditions

Ce matin, le Capitaine délivre les dernières infos : « Nous sommes restés en stand-by à attendre un petit coup de vent qui devait nous aider à sortir d’ici » Depuis hier soir, Tara profite de navires à proximité pour établir des communications régulières avec le capitaine d’un cargo militaire d’avitaillement faisant route en direction de Tara. « En soirée, le commandant du navire comptait faire 35 miles. Ce matin, à 7h, il avait seulement avancé du tiers. » Martin poursuit : « Contrairement à nous, ce bateau peut briser une glace de 80 cm à 1 m d’épaisseur, mais il est avant tout conçu pour pousser des blocs. Il pèse 400 tonnes et peut progresser dans une glace relativement dense ». Les plaques pluriannuelles qui s’étirent entre Tara et sa route maritime, se révèlent donc épaisses et denses.

Un coup de vent nord, nord-ouest, de 7 à 8 sur une échelle de 12, devrait souffler dans les 48h. Les marins espèrent qu’il balaiera la côte, dégagera une voie rapide vers le nord de l’Islande. Les prochaines cartes devraient parvenir à bord dans une heure, mais la couverture nuageuse actuelle ne permettra probablement pas d’obtenir des informations satellites précises. Plus qu’une chose à faire pour l’équipage : patienter !

Noëlie Pansiot