Tara et le Programme des Nations Unies pour l’environnement

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2 novembre 2009

Tara et le Programme des Nations Unies pour l’environnement

Profitons de cette escale à Malte pour s’intéresser à l’un des partenaires de Tara en matière d’environnement. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) n’est pas une instance détachée des Nations Unies comme l’UNESCO ou l’UNICEF, mais un organisme intégré à l’ONU. Crée dans les années 1970, les « mers régionales » sont rapidement devenues l’une de ses priorités.

Une « mer régionale » c’est à la fois une entité géographique et symbolique. Il s’agit d’une mer qui réunit diplomatiquement les différents pays qui forment son littoral. Il y en a 14 dans le monde, des Caraïbes à la mer du Japon en passant par la Méditerranée ou le golfe de Guinée.

La Méditerranée a été l’objet du premier programme de protection mis en place par le PNUE. L’escale de Malte est l’occasion de se rendre au bureau régional du PNUE, qui coordonne plus particulièrement la lutte contre les pollutions maritimes accidentelles. Pour expliquer avec des mots simples la mission de ce bureau, le directeur, Frédéric Hébert rappelle qu’il a été crée en 1976 « au moment des grosses affaires d’échouage. Notre question principale c’était : comment se préparer à lutter contre les grandes pollutions marines comme les marées noires ?». Malte a été choisie comme base en raison de sa position stratégique au cœur de la Méditerranée. A l’époque, l’île venait de quitter le Commonwealth et de se constituer en république indépendante (en 1974). Il était donc important pour Malte d’acquérir une reconnaissance des autres pays comme état souverain, en accueillant par exemple une instance internationale.

La principale action du Centre régional méditerranéen pour l’intervention d’urgence contre la pollution marine accidentelle (REMPEC) consiste à aider les états du pourtour méditerranéen à se doter de mesures d’urgence. Certains pays récents comme le Monténégro et l’Albanie ne savent pas encore concrètement comment réagir en cas de marée noire. Le REMPEC joue un rôle de conseiller sur les techniques existantes, les moyens à mettre en œuvre, et la formation du personnel. « On essaie aussi de faire passer l’idée que l’échouage d’un bateau ce n’est pas que l’affaire du ministre de l’environnement, ça concerne toute une coordination ministérielle », du tourisme à l’économie, ajoute Frédéric Hébert.

Et l’argent pour financer ces mesures d’urgence ?
Le REMPEC ne dispose pas de fonds, mais « il existe déjà des choses dans les pays et les mesures ne coûtent pas forcément cher ». Par exemple, le pays qui accueille un terminal pétrolier géré par un opérateur privé, est en mesure d’obliger cette entreprise à financer un protocole de dépollution d’urgence.

Le REMPEC organise également des opérations d’exercice. Il y a 15 jours, entre Gènes et Barcelone, la France, l’Espagne et l’Italie ont mené de concert une surveillance aérienne pour tenter de prendre en flagrant délit d’éventuels bateaux en train de vider à la mer leurs déchets moteur au lieu de les décharger à terre comme la loi les y oblige. 2 de ces pirates de l’environnement ont été pris sur le fait (« 2 navires de passagers, alors qu’on incrimine toujours les pétroliers… »).

Enfin, le REMPEC doit agir en cas d’urgence. La dernière date de 2006 : le bombardement par Israël d’une centrale thermique au Liban, qui alimente Beyrouth en électricité. La centrale a brûlé pendant trois jours, libérant près de 5000 tonnes de fioul lourd dans les eaux méditerranéennes. « Il y avait une énorme pression politique, compte tenu de la situation de guerre. Certains pays voisins nous réclamaient des sanctions contre Israël et il a bien fallu faire comprendre que nous sommes un organisme pour l’environnement ». Les experts du REMPEC ont conseillé à distance le Liban pour les réactions de première urgence, et ont dû attendre le cessez-le-feu pour intervenir sur place et aider le gouvernement à mettre en place un plan de lutte contre la pollution.
 
Le REMPEC est un exemple précis de l’action plus globale du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Tara agit comme partenaire et ambassadeur pour promouvoir l’environnement auprès du public et sensibiliser en particulier les enfants croisés lors de nos escales autour du monde.

Sacha Bollet