Tara fait route pour porter la voix de l’océan à Paris Climat

© G. Bounaud / Tara Expéditions

26 octobre 2015

APRES QUATRE MOIS D’UNE ROUTE QUI LA MÈNE VERS LA CONFÉRENCE PARIS CLIMAT 2015, LA GOÉLETTE TARA A QUITTÉ CE VENDREDI L’ÎLE DE NANTES, SA DERNIÈRE ESCALE. RICHE DE SON EXPÉDITION AU GROENLAND ET DE SES ESCALES EUROPÉENNES, TARA ARRIVERA A PARIS LES CALES CHARGEES DE RECOMMANDATIONS POUR MIEUX PRENDRE EN COMPTE LE ROLE MAJEUR QUE JOUE L’OCEAN DANS LA MACHINE CLIMATIQUE.

 

Tara

 

16h vendredi 23 octobre. C’est sous un ciel gris mais des températures douces que Tara et son équipage ont quitté la ville de Nantes et repris la Loire, direction l’océan Atlantique. Depuis les hauteurs du quai, une foule s’est massée pour dire au revoir à la goélette et des représentants de Nantes-Métropole ont souhaité bon vent à Tara et son équipage en leur offrant un panier garni à joindre à l’avitaillement. Pour sa première escale nantaise, Tara aura attiré plus de public encore que ce qui était imaginé. Entre 5 et 6000 visiteurs, enfants et adultes plus ou moins sensibilisés à l’environnement, ont pu fouler le pont de Tara et échanger avec les marins et les bénévoles Tara sur la goélette, ses expéditions, ses résultats scientifiques, la COP21… Et jusqu’à 10 000 visiteurs ont profité de l’exposition Tara “Voyage au cœur de la machine climatique”.

Au milieu de l’effervescence habituelle qui règne à chaque levée d’ancre, il y avait vendredi soir comme un petit souffle de bilan dans l’air. C’était la dernière escale de Tara avant sa remontée de la Seine jusqu’à la capitale. Presque 4 mois jour pour jour après le départ de Lorient, le 21 juin dernier, la route vers Paris Climat 2015 touche à sa fin. C’est le temps des questions qui affluent : la goélette a-t-elle atteint ses objectifs lors de son parcours ? A-t-elle su toucher le public et les décideurs lors de ses escales à Rouen, en Islande, à Stockholm ou encore à Londres ?

 

Après un an passé loin de la haute mer, Tara reprend la route des expéditions scientifiques.

 

Dans le carré, chacun y va de son commentaire, de son souvenir. Pour Daniel Cron, second à bord, c’est l’ “engouement” du public qui l’a le plus touché. Présent lors des étapes à Stockholm et à Nantes, le marin revient avec plaisir sur ses échanges. ” Il y avait un réel enthousiasme pour Tara et son travail (…). Et lorsqu’on évoque le sujet des océans, la réaction est immédiate : les gens sont choqués de découvrir que ceux-ci ne sont pas encore pris en compte dans les négociations climatiques alors qu’ils produisent la moitié de notre oxygène, que les pollutions les touchent particulièrement…”

A ses côtés, Loïc Caudan acquiesce d’un hochement de tête. Ce réel intérêt pour Tara Expéditions, de la part du public mais aussi “de la presse et des partenaires institutionnels”, le marin mécanicien a lui aussi pu le mesurer. “Mais tout de même, on sent qu’on a encore beaucoup à faire en terme de sensibilisation : les gens sont surpris quand on leur parle des océans, de leur intérêt vital et de leur faible prise en compte dans les débats… Et dès qu’on leur en parle, ils veulent signer l’Appel de l’Océan pour le Climat !” Pour Loïc Caudan, l’événement marquant de cette Route vers Paris restera la route difficile, début septembre, pour rejoindre le Groenland. “On a dû s’y prendre à deux fois. On aurait dû passer plus facilement puisque c’était l’été, mais les conditions étaient très difficiles. Une grosse année à glace, cela signifie une grosse fonte de glace mais aussi beaucoup de vêlages d’iceberg… ”

 

La partie émergée d'un iceberg ne représente qu'environ un cinquième de sa hauteur totale

 

La route vers Paris Climat 2015 a aussi permis de nouer davantage de liens avec le monde scientifique et de partager les résultats des expéditions Tara Oceans ou encore Tara Méditerranée. Enfin, et l’on peut “s’en réjouir” rappelle Daniel Cron, elle a permis de partager aussi ces enjeux avec notre nouveau partenaire : BillerudKorsnäs, premier fournisseur suédois de matériaux et d’emballages renouvelables très engagé dans le développement durable de l’océan.

Si la Route se termine bientôt, l’arrivée et le séjour à Paris seront un nouveau moment décisif pour les équipes de Tara Expéditions qui partent à la rencontre du public, des experts du climat et des décideurs de la COP21 pour faire entendre la voix de l’océan et mieux comprendre les enjeux océan et climat.

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