Tara quitte Rio et le Brésil

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1 novembre 2010

Vers midi ce dimanche, le jour du second tour de l’élection présidentielle au Brésil, Tara a quitté le ponton de la Marina da Gloria. Notre « pied à terre » depuis notre arrivée le 22 octobre dernier. Comme à chaque fois que nous abordons où quittons un port, la corne de brume a retenti.

Avant d’embarquer dans notre pneumatique pour les manœuvres de départ avec Mike Lunn, ce nouveau marin arrivé de Nouvelle-Zélande, un voisin de ponton s’étonnait presque de nous voir nous agiter pour partir. En quelques jours passés, amarrés au fonds de cette Marina, nous avions tissé des liens incroyables, nous faisions presque partie du décor.

La manœuvre s’est déroulée sans difficulté le vent étant très faible ce dimanche sur Rio. Tara sortant tranquillement de la passe d’entrée du port, nous en avons profité avec Mike Lunn  pour prendre quelques photos pour le journal de bord. Cette escale se terminant, les mâts de Tara au fur et à mesure de sa progression dans la Baie se payait un dernier flirt avec le ciel de Rio. Entre les haubans défilaient Le Corcovado et son Christ Rédempteur, le Pain de Sucre et son funiculaire, la plage de Flamingo.

Les prévisions météorologiques annonçant très peu de vent pour notre début de parcours, nous n’avons pas hissé pour l’instant les voiles. Nous progressons aux moteurs, direction la sortie de la baie de Rio au pied du Pain de Sucre. Et puis, alors que la côte veut déjà s’éloigner, une dernière vue sur les deux plages les plus célèbres du monde, Copacabana et Ipanema, sœurs jumelles et ennemies rivales. Rien n’est trop bon pour décrocher les suffrages du cœur des touristes et des cariocas.

Rio restera l’escale majeure de ce début de deuxième année d’expédition. Un bouillon de vie,  une approche latine de ce qu’est la diversité humaine, culturelle, ethnique. Un « melting pot » gigantesque pour 193 millions d’habitants dans un pays qui fait plusieurs fois la France. Nous avons eu la chance de goûter dans des conditions exceptionnelles à ce fruit tropical.

Nous sommes désormais quinze à bord, avec comme invité spécial un officier de la marine nationale Brésilienne. L’hôtel flottant est complet, et pour ce nouvel équipage une nouvelle aventure commence. Notre première station scientifique s’est fait lundi dans les eaux brésiliennes, puisque nous avons obtenu l’autorisation d’y effectuer des prélèvements. Comme toujours la vie à bord reprend son cours. Dans nos conversations, nous parlerons encore plus anglais que d’habitude puisque Tara accueille en ce moment deux américains, un anglais, un « kiwi », deux brésiliens le reste de l’équipage est français. Il n’y a plus à bord que cinq équipiers du noyau initial de Cape Town : Olivier Marien le capitaine, Julien Daniel maintenant second, Marion Lauters notre précieuse cuisinière, Céline Dimier-Hugueney ingénieur biologiste et moi même. De cet équipage «fondateur » de la deuxième année, nous ont quitté à Rio: Linda Mollestam, François Aurat et Mathilde Ménard. Ils nous manquent déjà, mais le beau voyage continue sur le pont de notre albatros d’aluminium, cap sur Buenos Aires.

Vincent Hilaire