Tara vu du ciel

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10 mai 2010

Arriver en bateau à l’île Maurice, c’est déjà un privilège… Arriver en hélico c’est carrément un honneur.

Dès 7h30 du matin, Tara nous dépose sur une île plate à quelques dizaines de milles de Maurice avec Jérôme, le cameraman de Thalassa.
Un hélicoptère de la gendarmerie se pose au beau milieu des herbes folles. Un homme en tenue kaki saute à terre et nous ordonne par gestes d’enfiler des gilets de sauvetage. Nous grimpons à bord dans un vacarme assourdissant.

Jérôme s’assoit à l’arrière, je passe à l’avant, à côté du pilote et du copilote. Ils me tendent un casque équipé d’un micro. Les insupportables décibels s’atténuent un peu, et j’entends leurs voix qui semblent résonner directement dans ma tête. « Bonjour ! Si vous voulez nous parler, il faut bien coller le micro à votre bouche ».

Ceintures-harnais bouclées, l’hélico quitte déjà le sol. On se croirait à bord d’un ascenseur de verre, la terre s’éloigne sous nos pieds, sans heurt. Notre monture volante est une alouette. Un modèle robuste construit il y a près de 40 ans, avec une verrière panoramique à la place des yeux. Pas de porte : les côtés de l’appareil sont ouverts pour nous permettre de faire des prises de vues. On dégaine les appareils photos et caméra. Il faut être réactif : le vol ne durera pas plus d’une heure.

Tara de son côté a hissé les voiles et navigue dans le soleil du matin en direction de l’île Maurice. Clic. Clic. Clic. Le bateau sous toutes les coutures, de face et de profil.

Hervé ordonne d’envoyer le spi, notre grande voile blanche d’avant sur laquelle « Tara Oceans » est fièrement proclamé.

Tara joue à cache-cache avec les îlots. La silhouette des montagnes de Maurice se dessine à l’horizon.

Jérôme, familier de ce genre d’exercice, guide le pilote. « Est-ce  que vous pourriez tourner devant l’étrave du bateau ? Un peu moins vite s’il vous plaît et le plus bas possible… ». L’appareil descend jusqu’à frôler les mâts. Moi je ne dis rien, je me concentre et je mitraille jusqu’à en avoir des crampes dans les épaules et les mains.

« Encore un tour du bateau et il faut rentrer » prévient le pilote.
Déjà ! Le temps s’est écoulé en un quart de seconde, suspendus dans notre libellule d’acier au-dessus de l’Océan Indien.

Derniers clichés des installations scientifiques à l’arrière de Tara  et nous regagnons l’île principale. A proximité des côtes, l’eau vire du bleu profond au turquoise. Vert canne à sucre dans le centre  des terres. Pointillés colorés des maisons. Les immeubles de Port-Louis, adossés aux montagnes, sont en vue. C’est un terrain de football qui nous offre une large piste d’atterrissage. Tara pointe déjà le bout de son étrave en vue de Port-Louis.
Il est seulement midi, l’île Maurice est déjà une escale inoubliable.

Sacha Bollet