Une base cosmopolite

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23 avril 2007

Une base cosmopolite

D’ici à la fin de la semaine, nous devrions passer le 88ème degré Nord.

Lendemain d’élection à bord : on a organisé hier soir un petit vote, à la bonne franquette 15 inscrits, 15 votants. Meilleur score: blancs et nuls !
Tara gîte néanmoins sur bâbord depuis début octobre. Comme disent les sondeurs : c’est une tendance lourde ! Ségolène Royal a d’ailleurs récupéré trois voix. Arrivant juste derrière les blancs et les nuls, la gauche est clairement seconde. Le report de voix au second tour ne devrait pas poser de problème pour elle !
Ça, c’était pour les Français, mais la base compte aujourd’hui 35 personnes qui ne se sont pas exprimées.
Ce soir, nous devrions être 43 – pilotes compris – représentant 13 pays : Allemagne, Azerbaïdjan, Canada, Danemark,  Estonie, Etats-Unis, Finlande, France, Nouvelle Zélande, Norvège, Royaume Uni, Russie et Suède.

Pour loger tout ce petit monde, un village de tentes est en train de se construire autour de la goélette qui, avec son environnement, ressemble à une vraie base.
C’est aujourd’hui la troisième rotation du DC3 et un Twin Otter a rejoint la base hier.
Entre aujourd’hui et demain il doit parachuter 16 balises météo jusqu‚à 300 km de Tara.

À première vue, le bateau que j’avais quitté il y a sept mois, a bien supporté l’hivernage : j’ai constaté un léger enfoncement sur la proue, côté bâbord, due aux attaques des crêtes de compression. Rien de grave si l’on pense à la puissance de la glace : soit plusieurs tonnes.

Tara est presque entièrement recouvert de neige à cause de la tempête de la semaine dernière. Hélène Santener qui connaît bien le bateau évoque un « naufrage polaire ».
C’est effectivement très impressionnant de devoir descendre trois marches de neige pour arriver à la hauteur du pont.
Depuis le ciel, on ne voit d’ailleurs plus que les mâts et les baumes. Nous sommes là depuis samedi et pour une semaine au lieu de deux voire de trois semaines pour certains.

Toutes les mesures et les « manips » scientifiques doivent donc être accélérées et le carré de Tara commence à ressembler à une ruche, particulièrement à l’heure de repas. Cette contraction du temps qui nous est alloué est une grosse frustration.
Heureusement, la météo reste clémente.

Etienne Bourgois