Une deuxième année pour un autre voyage

© Tara Expéditions

6 septembre 2010

Etienne Bourgois, co-directeur de Tara Oceans jette un regard vers le futur pour Tara Expéditions.

De quoi sera faite cette deuxième année ? Pour lui «c’est sans aucun doute un autre voyage qui commence, loin et très proche à la fois». Cette deuxième année représente le départ d’une autre expédition à part entière.

« Le premier point qui me vient à l’esprit c’est que pour cette deuxième année nous allons beaucoup naviguer. Le parcours du Cap d’où nous venons de partir jusqu’à Auckland en Nouvelle-Zélande est considérable.

Il y aura donc un autre tempo de vie à bord, très différent de la première année où nous avons enchainé les escales. Oliver Marien, le capitaine qui prend le commandement pour ce début de deuxième année devra savoir jongler encore plus avec le vent et des mers difficiles, en satisfaisant les objectifs scientifiques ».

« Ensuite il y a ce retour en Antarctique, à la fin de cette année. Tara va retrouver en quelque sorte sa maison. Le bateau connaît presque le chemin. Il y a été avec Jean-Louis  Etienne, puis avec Sir Peter Blake, et il y retourne aujourd’hui encore en tant que Tara. On retrouve de manière générale la grande nature, la grande houle du Sud, et les grands espaces sauvages, ou ce bateau révèle toute sa valeur entouré d’une nature originelle ».

Côté scientifique, cette deuxième année vous en attendez quoi ?

Avec Tara Oceans, nous avons à faire à une science de haut vol. Et comme pour la première année nous partons encore d’une page blanche, de zéro. C’est ce qui est passionnant. En ce qui me concerne, j’attends beaucoup des perspectives qu’un tel chantier laisse espérer. On est en train de remettre en question beaucoup de choses, et en premier lieu de comprendre avec ce grand voyage à quel point la vie sur terre dépend de la biodiversité ».

Nous venons de quitter le Cap et les membres de cette expédition itinérante ont encore fait des rencontres intéressantes, c’est une autre dimension que celle de l’expédition en Arctique par exemple ?

« Ces deux expéditions n’ont pas grand chose en commun, mais celle-ci par cette circumnavigation sur trois ans, s’inscrit encore plus dans l’universalité. Notre projet n’a plus de frontières. Chaque escale est riche en rencontres multiples, nous travaillons vraiment sur et pour la planète dans son ensemble et où que nous allions, le projet fait tilt  dans l’esprit des gens. Cette deuxième année c’est donc la possibilité de continuer à aller vers les autres, à la rencontre d’autres pays, d’autres cultures. Et à chaque fois nous avons à apprendre d’eux. C’est un bateau imposant, mais  en même temps on ne le regarde pas de loin, il invite à l’échange».

C’est une période difficile financièrement pour ce type de projets. On a vu d’autres expéditions jeter l’éponge récemment. L’avenir de celle-ci est-il assuré ?

Depuis que je me suis lancé dans la direction de ce type d’aventures, je suis habitué à ce genre de situation où on vit au jour le jour. Une navigation à vue. Bien sur que l’argent c’est à un moment le nerf de la guerre, mais je reste résolument optimiste. Le soutien de nos partenaires est primordial : la Fondation Veolia, FRB, la Région Bretagne, agnès b, la Fondation EDF et World Courier. Et puis il y a tellement de femmes et d’hommes passionnés qui travaillent pour Tara Oceans, nous n’imaginons pas que ça s’arrête.

A la fin de cette deuxième année le dernier port sera Auckland en Nouvelle-Zélande, les liens entre Tara et ce pays sont forts ?

Ce sera un moment fort de cette nouvelle année. Il faut savoir que là-bas Tara c’est avant tout encore Seamaster. Son nom à l’époque ou il appartenait encore à ce grand marin Sir Peter Blake.  L’idée c’est de partager tout ce parcours accompli depuis avec les kiwis. Je suis très attaché à ce pays, c’est par lui que j’ai connu Tara ».

Propos recueillis par Vincent Hilaire