Vers l’île de Pâques, porté par les vents

© Maeva Bardy - Tara Expeditions Foundation

29 août 2016

L’arrivée initialement prévue le 1er septembre à l’île de Pâques pourrait bien s’avancer de quelques heures, grâce à des vents particulièrement favorables. Après un départ de Colombie dans le vacarme des moteurs, Eole nous a fait finalement le cadeau d’une fin de traversée à la voile.

Le voyage n’avait pourtant pas commencé sous les meilleurs auspices météorologiques. « La première semaine, nous avons eu des vents contraires tout du long » décrit Samuel Audrain, le capitaine de Tara. « Il a fallu attendre d’avoir passé les Galápagos pour attraper les alizés, avec des vents de sud-est de 20 à 25 nœuds ». Un changement météo bienvenue : à ce moment, les moteurs avaient englouti la quasi-totalité du carburant estimé nécessaire à la traversée Colombie-Île de Pâques. Il était donc temps de pouvoir hisser les voiles…

 

Tara sous voiles, vue du haut des 27 mètres de mât.Tara sous voiles, vue du haut des 27 mètres de mât. – © Yann Chavance – Fondation Tara Expéditions

 

Depuis l’arrivée de ces vents de travers, Tara a donc pu retrouver sa tranquillité : moteurs coupés, toutes voiles dehors, il n’est plus nécessaire d’élever la voix pour se faire entendre dans la timonerie ou sur le pont arrière. A table, les discussions ne sont troublées que par les craquements du navire surfant sur les vagues. Pour ne rien gâcher, les températures sont elles aussi plus clémentes : depuis que nous avons passé l’équateur, plus besoin de dormir la tête collée aux bruyants ventilateurs des cabines. Le soir, pantalons et sweatshirts sont même de nouveau de sortie. « Depuis quelques jours, les conditions sont juste idéales » résume le capitaine. « Il fait beau, le bateau est stable et surtout nous avançons vite : on ne pouvait pas espérer mieux ! »

 

Les voiles de Tara portent leurs ombres sur le spi gonflé à l’avant.Les voiles de Tara portent leurs ombres sur le spi gonflé à l’avant. – Yann Chavance /  Fondation Tara Expéditions

 

Alors que les temps estimés de navigation sont basés sur une vitesse de 7 nœuds, nous obligeant à pousser les moteurs lorsque le vent tombe, depuis plusieurs jours Tara file à une moyenne de 8 à 9 nœuds. Pendant les quarts de veille, les marins se livrent avec plaisir à une bataille de chiffre, à celui qui notera la plus forte pointe de vitesse – le record étant pour l’instant de 13 nœuds. Au final, si Eole continue de nous gâter ainsi, nous pourrions bien arriver en avance en vue de l’île de Pâques, le 31 au matin dans le meilleur des cas. Une perspective qui réjouit tout l’équipage après deux semaines de mer, impatient de faire face aux colosses mythiques de l’île.

Yann Chavance

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