WALLIS EN QUETE D’EQUILIBRE

© Fondation Tara Expéditions

11 janvier 2017

À Wallis, l’équipage de Tara a rencontré Jean-Yves Meyer qui dirige la première étude de la biodiversité réalisée sur Wallis-et-Futuna, et Atolotu Malau, responsable du service environnemental. Une rencontre passionnante pour découvrir comment, une petite nation insulaire lutte contre les effets du changement climatique et préserve sa biodiversité.

 

Directeur de recherche à la Délégation à la Recherche auprès du Gouvernement de Polynésie française, Jean-Yves Meyer s’avère être le compagnon de voyage idéal sur le vol ralliant Fidji à Wallis. Lorsqu’on lui demande quel problème est le plus pressant pour les Wallisiens : la lutte contre le changement climatique ou la préservation de la biodiversité, Jean-Yves répond : « Si nous ne mettons pas fin aux menaces directes et immédiates sur la biodiversité, il ne restera rien à protéger d’ici quelques décennies et ce, même si nous atténuons les effets du changement climatique ». Wallis et Futuna sont situées approximativement aux deux-tiers de la distance entre Hawaï et la Nouvelle-Zélande. Wallis, petite île volcanique du Pacifique aux collines basses recouvertes de végétation tropicale luxuriante et aux eaux limpides, est bordée de récifs coralliens.

 

atoloto-malau-manager-of-environmental-services-in-wallis-standing-by-a-vista-from-mont-lulu-fakahega_photo-credit-sarah-fretwellAtoloto Malau responsable du service environnemental de Wallis en haut du Mont Lulu Fakahega © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Le 27 décembre, nous avons rencontré Atoloto Malau et lui demandons quels sont les 3 défis majeurs auxquels sera confrontée Wallis dans l’avenir ? « La gestion des ressources, la gestion des déchets et le réchauffement climatique sont nos 3 grands défis. Nous nous efforçons de faire face à tout cela dès à présent », répond-il. Depuis quelques années, le nouveau défi réside dans l’augmentation des déchets de marchandises importées – plastique, aluminium, verre et matières dangereuses.

 

En novembre dernier, pour la première fois, des déchets ont été acheminés par bateau hors de l’île, une loi a été adoptée exigeant l’emploi de sacs réutilisables dans les commerces locaux et un programme de rachat du plastique, de l’aluminium et du verre a été lancé. Atoloto fait remarquer que « les plus grands défis pour l’environnement marin – pollution, blanchissement des coraux et appauvrissement du stock de poissons – sont interdépendants ».

 

nukuhifila-one-of-the-many-uninhabited-islands-just-off-of-wallice-that-has-experienced-coastal-erosion_photo-credit-sarah-fretwellNukuhifila une des nombreuses îles inhabitées aux abords de Wallis, victime d’érosion côtière © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Selon le service environnemental de Wallis, un épisode de blanchissement du corail a été annoncé ces dernières années et le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a rapporté une augmentation régionale du niveau de la mer de 10 centimètres au cours des 20 dernières années.

 

Actuellement impliqués dans la mise en œuvre d’une stratégie globale pour le développement durable, les Wallisiens, même confrontés au changement climatique, sont confiants dans le fait que le nettoyage de leur environnement et la préservation des écosystèmes terrestres et marins sont des actions essentielles pour que cette île reste prospère pour les générations à venir.

Sarah Fretwell

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