Welcome à Tuktoyaktuk !

©

20 septembre 2013

Depuis mercredi soir Tara est au mouillage devant ce village Inuit des Territoires du Nord-Ouest, au Canada. Le Canada deuxième plus grand pays du monde par sa superficie tire d’ailleurs son nom du mot huron « Kanata » qui signifie village. Les 870 habitants de ce paisible hameau, cet endroit du bout du monde, sont tous plus gentils les uns que les autres. Cette entrée en terre Inuit est pleine de promesses.

L’arrivée de nuit à «Tuk », comme on dit ici, était pleine de poésie et a enthousiasmée tout l’équipage. Non seulement parce qu’après dix jours de mer toute escale est la bienvenue, mais aussi parce que certains parents du bord avaient très envie de revoir leurs enfants.

Petit à petit, le village de maisons de bois s’est dessiné devant nous dans une nuit déjà bien tombée. Je ne sais si c’était psychologique ou réel, mais nous sentions des parfums de cuisine très agréables qui ne sortaient pas de la nôtre. Même la couleur sodium des lampadaires était aussi jolie et pas agressive. Quelques coques étaient échouées sur la grève, des bateaux en métal pour la pêche. Une impression générale de douceur et de calme était palpable.

Le jour s’est levé sur cette même sensation. Au milieu de maisons multicolores, les habitants du village qui marchaient ou passaient au volant de leur « pick-up » étaient disponibles, souriants, gentils. Ils nous envoyaient souvent un petit signe amical de la main quand ils n’avaient pas le temps de s’arrêter.

Que ce soit pour les formalités d’entrée sur le sol canadien, les courses au supermarché pour l’avitaillement du bord, ou des échanges simples sur la vie ici au quotidien, tout était facile. La plupart des Inuits croisés étaient tous très curieux et intrigués par Tara. La plupart de ces 800 habitants sont des Inuit et les quelques canadiens en poste le sont dans la gendarmerie royale, les commerces ou l’enseignement entre autres.

Tuktoyaktuk qui signifierait en inuit « l’endroit du caribou » est un havre de paix dont nous profitons dans des conditions assez douces avec des températures positives de + 4° C pour cette fin d’été.

Le seul moyen de se rendre à Tuk pendant cette saison est l’avion ou le bateau, comme à Pevek, sa voisine russe de l’autre côté du détroit de Bering et de la Mer des Tchouktches. Il n’y a qu’en hiver ou on peut se rendre à Tuk, qui s’appelait autrefois « Port Brabant » en voiture, lorsque le fleuve Mackenzie est gelé.
C’est par avion qu’est arrivée la relève des marins et des scientifiques avec quelquefois deux jours de vol suivant la provenance.

Nous quittons Tuk ce vendredi soir, pour nous qui avons encore six heures de retard par rapport à l’heure de Paris.

Devant nous se dresse le passage du Nord Ouest et son dédale de canaux et cette grande interrogation : Est ce que la porte de sortie de ce second passage de l’expédition vers la mer de Baffin et le Groenland restera ouverte suffisamment longtemps pour nous ?
Les glaces  ne nous laissent que peu de temps et de place, il ne faudra pas rater cette fenêtre.

Vincent Hilaire

Cliquez ici pour voir toutes les photos de l’expédition