Welcome to Paradise

©

27 septembre 2011

Après 20 heures de voyages, j’atterris finalement à Honolulu. Il est 20h30 heure locale, 12 heures de décalage avec Paris.  Une voix retentit dans la cabine de l’avion : « Welcome to Paradise ». Je monte dans un taxi palestinien qui me pose à l’entrée du port de la Aloha Tower. Je traîne alors ma valise au travers d’un centre commercial inanimé et me dirige vers deux mâts gris que je vois dépasser des structures en béton. Tara surgit alors devant moi.

A cet instant, je mets ma vie parisienne en pause et m’extrais des réalités urbaines pour commencer une nouvelle aventure qui durera pendant plus d’un mois. Une réalité partagée par certains des nouveaux arrivants qui monteront à bord de Tara pour la première fois cette semaine, alors qu’une partie de l’ancien équipage quitte le bateau pour reprendre leurs vielles habitudes. Dans une semaine, le nouvel équipage sera au complet et nous affronterons l’immensité du Pacifique en direction de San Diego.

Durant les jours qui restent avant le départ, les marins travaillent dur. Il faut réparer une voile déchirée, démonter et remplacer certaines pièces du moteur, mettre à jour le matériel scientifique et approvisionner le bateau. Le temps nous est compté pour explorer l’île de Oahu et rencontrer les scientifiques locaux. Les escales ne sont pas seulement des étapes nécessaires à la logistique de l’expédition, mais également des opportunités de partage scientifique et culturel.

Nous avons la chance d’être guidés par des scientifiques, collaborateurs de Tara Oceans, qui habitent l’île. Parmi eux, Jim Maragos, Trustee américain de Tara Oceans et spécialiste des coraux, habite Hawaii depuis plus de quarante ans. Aldine Amiel et Eric Roettinger, biologistes marins, photographient le monde de l’infiniment petit. Ils sont fondateurs de Kahikai (kahikai.org), un site de communication et partage d’images de la biodiversité et des océans. Ils sont tous deux vétérans de Tara, ex-scientifiques à bord. Enfin, Lionel Guidi, en post doctorat à l’université de Hawaii, travaille au laboratoire C-MORE (Centre d’Océanographie microbien : recherche et éducation).
C’est au cœur de ce centre que l’équipe scientifique de Tara fera une présentation le matin du 27 Septembre 2011. Les scientifiques du leg Hawaii – San Diego, présenteront le protocole mis en place pour la traversée.

En attendant de se plonger dans un univers purement scientifique, voici ce que nos hôtes ont pu partager de leur île :

Pearl Harbour, où se trouve le mémorial du bateau militaire USS Arizona, dans lequel périrent plus de 1 100 marins Américains lors de l’attaque japonaise du 7 décembre 1941, date de l’entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale. Le mémorial, est construit par dessus l’épave du bateau resté intacte depuis bientôt 70 ans. Nous avons aperçu notre premier arc en ciel de l’escale, très courant au Aloha State.

La côte Ouest de Oahu, première opportunité notamment pour le capitaine, Hervé Bourmaud, de s’échapper de la zone urbaine de Honolulu. Alors que l’autoroute à l’américaine, large de cinq voies, se resserre en une route côtière qui borde des collines volcaniques, il confirme que « Hawaii, c’est plus qu’un port industriel avec des bâtiments et un Hooters en face d’un Starbucks ». Nous avons pu marcher pendant une heure sous le soleil Hawaiien avant d’atteindre la réserve naturelle de Kaena point, où des phoques moines, espèce en voie de disparition, sont étendues sur une plage rocheuse.

Le fameux North Shore de Oahu, lieux mythique de pèlerinage mondiale pour surfeurs. Nous arrivons juste à temps pour les premières vagues qui annoncent le swell d’hiver. Bien trop monstrueuses pour l’équipe de Tara, nous les avons admirées depuis la plage du Pipeline où se déroulent des championnats internationaux plusieurs fois par an. Les plus courageux de nos marins avaient déjà fait leurs premiers pas sur les long boards en location à la plage de Waikiki. Par contre, nous n’avons pas manqué de goûter à la glace pilée de chez Matsumoto Shave Ice où la file d’attente sort systématiquement du magasin à n’importe quelle heure de la journée.

Entre temps…

ont débarqué de Tara,

les scientifiques :

Xavier Durrieu De Madron, chef scientifique
Margaux Carmichael
Julie Poulain
Sarah Searson
Brett Grant
Christian Rouviere

et
Julien Girardot, cuisinier et photographe à bord.

ont embarqué,

les nouveaux scientifiques :
Isabelle Taupier-Letage, chef scientifique
Céline Dimier, spécialiste des protistes
Jérémie Capoulade, ingénieur optique et responsable de l’imagerie à bord
Marc Picheral, technicien et responsable de la rosette (CTD*) dont il fut à l’origine
Claudie Marec, responsable des équipements scientifiques à bord
Benedetto Barone, océanographe italien

et 2 nouveaux membres de l’équipage :
Céline Blanchard, nouvelle cuisinière et architecte naval
François Aurat, officier de pont qui arrive en renfort pour l’équipe des marins, démunis de ce poste depuis Papeete.

Andres Peyrot

* CTD : Instrument qui permet la mesure de paramètres de Conductivité, Température, Depth (profondeur), et autres capteurs pour la caractérisation physico-chimique de la masse d’eau.